+ Come into my dreams [ x ] +

+ Come into my dreams [ x ] +
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Hallo Leute_

W i l l k o m m e n.





Vous aimez le Yaoi?

:: Vous allez être servi(e)s _





Que des One-shots, sur des couples TRÈS variés :


_________- TOKIO HOTEL -

○ Bill & Tom Kaulitz [ma fic shonen ai sur eux •iCi•]
-> Ich lass mich zu dir treiben , Jung und nicht mehr jugendfrei, Du bout des lèvres [à venir]

○ Bill & Andreas
-> Sensitive Jealousy

○ Yu & Tom Kaulitz de Cinema Bizarre et Tokio Hotel
-> Freiheit


_________- HARRY POTTER -

○ Harry Potter & Drago Malefoy
-> Les meilleurs ennemis, Attrape-moi si tu peux [à venir]

○ Severus Snape & Sirius Black
-> À jamais honni (Honey ?)


_________- KYOU KARA MAOH -

○Yuuri Shibuya & Wolfram Von Bierfelt de Kyou Kara Maoh
-> Lemon iced Cream

○Conrad Weller & Alford de Kyou Kara Maoh
-> Par une chaude soirée d'été


_________- AUTRES -

○ Jack Sparrow & Will Turner
-> On ne sépare pas ceux qui s'aiment

○ Raito & L de Death Note
-> Out of this World

○ Tooru Kouno & Yuujirou Shihindorou de Princess Princess
-> Princesses in love

○ Romain & Éric de New Wave
-> Suis-moi, il ne me reste que toi... [à venir]

○ Nicolas & Thomas de Plus Belle la Vie
-> Comme avant

○ Yu & Kiro de Cinema Bizarre
-> Call it strange, this the way we are


___...


et des OC, personnages issus de mon imagination [débordante, certes.]

Coup de foudre en enfer
My Sweet Prince, you are the One
Hidden Love
Favourite Sex Toy
Danse infernale
Darkness Slave [ Happy Halloween ! ]
Insane Flavour [demain]

X-mas time ou les variantes de Noël chez les Bishônens [dès le 7 décembre]






H O M O P H O B E S__&__Â M E S__S E N S I B L E S__S ' A B S T E N I R .
H O M O P H O B E S__&__Â M E S__S E N S I B L E S__S ' A B S T E N I R .
H O M O P H O B E S__&__Â M E S__S E N S I B L E S__S ' A B S T E N I R .
H O M O P H O B E S__&__Â M E S__S E N S I B L E S__S ' A B S T E N I R .







ENjOY




+ Alexiel + _
[ça se prononce 'alexil', merci.]

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# Posté le samedi 12 mai 2007 09:56

Modifié le samedi 28 novembre 2009 18:21

Les meilleurs ennemis_

Les meilleurs ennemis_
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Harry sortit du cours de métamorphose, seul.
Ron était d'une humeur massacrante et était sorti prendre l'air dans le parc, au calme.
Hermione, elle, s'était précipitée à la bibliothèque pour approfondir la recherche que leur avait donnée le professeur Rogue.

Ces vacances de printemps commençaient bien mal.

Il monta donc dans la salle commune de Gryffondor, s'installa dans un fauteuil et entreprit de faire ses devoirs.

La bonne humeur règnait dans leur maison: tous étaient ravis de rentrer chez eux et de passer les vacances en famille. Seul Harry, Neville et les Weasley restaient au château.
Les jumeaux allaient profiter de la tranquilité du dortoir pour expérimenter de nouvelles farces, la grand-mère de Neville ne pouvait pas le garder pendant ces deux semaines, et Harry n'avaient AUCUNE envie de rentrer chez les Dursley.

Hermione rentra en trombe dans la salle commune, bousculant au passage quelques élèves qui traînaient leurs affaires hors de la salle, et monta directement dans le dortoir des filles finir de faire sa valise.

Il était 17h30, et le départ du Pouddlard Express était prévu pour 18h.

Elle avait tenu à terminer ses devoirs avant de partir, car ses livres étaient d'après elle de source moins sûre que ceux de la bibliothèque, et ses parents Moldus ne pouvaient absolument pas l'aider.
Elle redescendit quelques minutes plus tard, tenant sa baguette d'une main, contrôlant sa valise qu'elle faisait voler devant elle, son chat orange sous son autre bras.
"Au revoir, Harry, bonnes vacances!" lui lança-t-elle joyeusement.
"Salut Hermione, salut Pattenrond. Profitez bien de ces deux semaines de repos."
Il la regarda partir, un pincement au coeur.
D'abord parce qu'elle était la seule à pouvoir tenir tête à Ron dans ses instants de profonde mauvaise humeur, et qu'elle seule arrivait à l'aider à le supporter dans ces moments-là, mais aussi parce que, il faut bien l'avouer, il ne comprenait absolument rien à son devoir de potion, et il n'avait vraiment aucune envie de se rendre à la bibliothèque.
La jeune fille allait passer le portrait de la Grosse Dame lorsque celui-ci s'ouvrit, laissant entrer un Ron bougon qui la percuta de plein fouet.
"Aaaah, Hermione!! Tu pouvais pas faire attention et regarder où tu vas?!!" cria-t-il avant de monter les escaliers qui conduisaient au dortoir des garçons.
"C'est ça, bonnes vacances à toi aussi, Ron!" lui répondit-elle ironiquement en rattrapant son chat qui avait profité de la bousculade pour s'éclipser discrètement.
"Je te souhaite bon courage Harry, j'imagine que tu vas avoir du mal à le supporter!" ajouta-t-elle en lui faisant un clin d'oeil compatissant.

À peine était-elle partie qu'une explosion retentit, en provenance du dortoir, d'où les jumeaux Weasley descendirent en courant, pris d'un fou rire incontrôlable. Leur cadet se lançait à leur poursuite en hurlant, trempé, un ballon de baudruche éclaté ornant son crâne, ressemblant fortement à une bombe à eau.
Habitué aux vives humeurs de son meilleur ami, Harry se contentait de regarder Fred et Georges, hilares, disparaître à travers le trou du portrait, suivis de près par leur jeune frère, furieux.
Il ne put réprimer un sourire d'amusement en imaginant les deux farceurs briser le sortilège qui retenait le ballon gonflé d'eau à l'arrivée de Ron dans le dortoir.

Finalement, les vacances commençaient plutôt bien.

Il tenta vainement de se concentrer sur ses devoirs, mais abandonna et rangea ses affaires en soupirant. Inutile de rester planté devant son parchemin, la réponse n'allait pas apparaître toute seule s'il ne la trouvait pas lui-même.

Il quitta sa robe de sorcier, ogligatoire pour les cours, et décida de faire un tour dans le parc.
Il emporta son manuel descriptif du métier d'Auror, qu'il avait eu à Noël par Remus Lupin, ami de son parrain et ancien professeur de Défense contre les forces du Mal, et s'assit confortablement contre un arbre, au bord du lac.
Il fut interrompu dans sa lecture par Drago Malefoy et le professeur Rogue, qui vinrent s'installer non loin de lui sur la rive. Ils étaient absorbés dans leur conversation concernant les chances que possédait Serpentard de remporter la coupe des Quatre Maisons à la fin de l'année scolaire.

Le soleil couchant illuminait la surface du lac de son reflet pourpre, et le parc semblait se vêtir d'un manteau de couleurs chaudes. Au loin, le sifflement du Pouddlard Express s'éloignait progressivement.
Le jeune blond et son professeur s'étaient tûts, profitant du calme de cette merveilleuse soirée de printemps, troublé seulement par le chant joyeux des oiseaux.

Harry se sentait paisible, serein. Il n'avait pas détaché ses yeux de ses deux ennemis de toujours, et se surpris à admirer les reflets roux dansant sur la chevelure claire de Drago à la lueur du couchant. Il paraissait tellement frêle et innocent...
Severus se leva, et se dirigea vers le château de sa démarche certaine, mais le jeune Malefoy resta assis dans l'herbe, contemplant le paysage qui s'offrait à lui.
Avisant une pomme sur un arbre près de lui, il leva sa baguette et lança un sortilège d'Attraction. Celle-ci vint docilement se poser dans sa paume tendue pour l'accueillir.
Il ôta la robe noire qu'il avait gardée, et la glissa dans son sac, posé à côté de lui.
Il était vêtu d'un jean sombre et d'un débardeur blanc, dévoilant sa peau dorée et ses bras minces, presque fragiles.

Harry ne pouvait se contraindre à détourner ses yeux.
Jamais il n'avait remarqué auparavant à quel point son rival était... attirant.

Ledit jeune homme portait à présent la pomme à sa bouche, croquant sauvagement dans la chair juteuse du fruit, le regard perdu dans les reflets qui coloraient l'étendue d'eau.
Savourant le goût sucré qu'il avait dans la bouche, Drago ne s'apercevait pas qu'il était observé.
En effet, Harry avait à présent refermé son livre, et son regard parcourait le visage de son cher ennemi.
Ses yeux brillaient de la lumière du crépuscule, les ombres étiraient ses longs cils noirs et fins, contrastant avec la prunelle de ses yeux. Elles creusaient les imperceptibles fossettes qui encadraient ses lèvres minces, laissant parfois apercevoir de belles dents blanches dissimulant sa langue couleur sang, qui ne se lassait pas de ce goût légèrement acide qu'elle laissait glisser vers sa gorge.
Quelques gouttes atrocement appétissantes de ce jus coulèrent à la comissure de ses lèvres, glissant le long de son menton, de son cou, et se perdirent sur son torse, le faisant légèrement frissoner.

Déglutissant de travers, à cette vue irrésistiblement craquante, Harry ne put retenir une quinte de toux, manquant de s'étouffer avec sa salive. Son regard était toujours accroché à la silhouette solitaire près de lui, et celle-ci, alertée par le bruit, se retourna brusquement vers lui, croisant le regard du jeune brun.

Ils se fixèrent ainsi un instant, ne pouvant se résoudre à détourner la tête.
Ils étaient seuls dans le parc, les rares personnes qui s'y trouvaient quelques instants plus tôt se rendaient à présent à la Grande Salle, le soir tombant indiquant le proche commencement du souper.

Drago porta à sa bouche le dernier morceau de pomme qu'il tenait à la main, ses yeux fixant ceux de Harry, qui semblait pétrifié par ce regard. Il avala, glissa sa langue le long de ses lèvres pour en ôter le liquide doux et sucré, adressa un sourire narquois à son vis-à-vis, qui avait de plus en plus de mal à contrôler son excitation grandissante, rinça ses mains dans l'eau du lac, et jetant son sac sur l'épaule, se détourna enfin pour rentrer au château.

Le jeune Potter le regarda pousser les lourdes portes de l'entrée, qui se refermèrent bientôt sur lui.
Il était indécis, perdu. Qu'est-ce qu'il lui arrivait?
Il s'était mis à admirer le corps d'ange de son rival, alors qu'il était la dernière personne qu'il se croyait capable d'aimer... Peut-être un mauvais tour de la fatigue..
Pourtant, à présent, il n'avait plus qu'une envie: le revoir, rester avec lui, près de lui, le contempler, l'admirer, le toucher..
Et voilà qu'il se mettait carrément à fantasmer sur l'un de ses ennemis..
Complètement désorienté, il se rendit en courant à la Grande Salle: le buffet avait dû commencé depuis longtemps.

La Salle était quasiment vide. Rares étaient les élèves et les professeurs qui passaient leurs vacances au château.
Harry rejoignit la table des Gryffondor. Ron avait le visage fermé, signe que toute tentative d'établir une conversation était vouée à l'échec. Il mangea donc en silence, et ne se risqua qu'une seule fois à orienter son regard vers la table des Serpentards, mais il détourna vite les yeux lorsqu'il s'aperçut que Malefoy le fixait d'un air satisfait mais... timide...
Le repas terminé, il se rendit seul, encore une fois, dans son dortoir.

Il se déshabilla, ne gardant qu'un boxer en guise de pyjama, et se glissa dans son lit. Il savait qu'il n'arriverait pas à trouver le sommeil, aussi se décida-t-il de poursuivre la lecture de son livre sur les Aurors... avant de remarquer qu'il l'avait oublié dans le parc.
Il se releva, enfila seulement sa robe de sorcier, et descendit rapidement les marches, sans tenir compte des protestations de la Grosse Dame.
Il se faufila discrètement à l'extérieur, et retourna vers l'arbre où son précieux ouvrage devait se trouver.
Hélas, rien. Il eût beau chercher du mieux qu'il put, il ne le vit pas.
Déçu et furieux contre lui-même, il pénétra dans l'enceinte de l'imposant bâtiment, et se dirigeait vers le Grand Escalier lorsque la faible lumière d'une torche et le bruit lourd de pas qui descendaient dans sa direction le firent paniquer.

Il avait complètement oublié Rusard!

Et il n'avait pas pris sa cape d'invisibilité..
Il recula, s'enfonçant lentement dans la seule issue possible: les cachots.

Le concierge se rapprochait dangereusement, lorsqu'une ombre sortit du cachot du cours de potion. Elle lui colla la main contre la bouche, lui intimant le silence, le tira à l'intérieur de la sinistre salle, et le plaqua gentiment contre le mur, se serrant contre lui, pour ainsi l'empêcher de faire un quelconque mouvement susceptible d'alerter le concierge.
Les pas ne ralentirent pas en passant devant la porte, et le rai de lumière filtrant à travers l'entrebaillement leur indiqua qu'ils n'étaient pas repérés.
Cette faible source de lumière éclaira brièvement la courte chevelure blonde du sauveur inespéré de Harry.
Une ombre ornée de deux yeux jaunes passa furtivement dans le couloir. Miss Teigne ne les avait pas vus non plus.
Lorsqu'elle fut à une distance convenable, Drago referma la porte, sans bruit, et porta sa bouche à l'oreille du brun.
"C'est ça que tu cherches?" Ces paroles furent accompagnées par le bruit sourd d'un livre que l'on pose sur une table.
Troublé et désemparé, Harry aquiesça d'un signe de tête.
"J'étais sûr que tu l'oublierais, alors je me suis permis d'aller le récupérer pour te le rendre en main propre.."
Sa voix se faisait douce et sensuelle, elle se perdit dans un murmure.
Retrouvant peu à peu ses esprits, son partenaire se rendit compte de la situation insensée dans laquelle il se trouvait: il était dans une pièce plongée dans le noir, plaqué contre un mur, avec Malefoy.
Celui qu'il haïssait depuis son premier jour d'école.
Celui qu'il avait trouvé si irrésistible quelques heures plus tôt, et qui se trouvait maintenant serré contre son corps, la main qu'il avait posée sur sa bouche descendant lentement le long de son cou, enserrant fermement sa nuque.

Il sortit sa baguette, prononça un "Lumos" presque inaudible. Celle-ci éclaira faiblement la scène. Il la posa sur la table, rejoignant son livre, et concentra son attention sur le visage de son vis-à-vis. Celui-ci le détaillait des yeux, s'arrêtant sur ses lèvres, son torse, remontant vers son front, de nouveau ses yeux... Il lui ôta ses lunettes. Sa deuxième main était appuyée contre le mur. Il l'enleva, fixant les pupilles de Harry, et glissa ses doigts sous son menton.
Surpris par tant de douceur dans ses gestes, celui-ci posa délicatement ses mains sur les hanches de son amant, l'invitant à rapprocher lentement leurs lèvres... qui se scélèrent enfin.
Émerveillé par cette expérience extraordinaire, les deux adolescents entrouvrirent leurs lèvres, laissant leurs langues se mêler, se caresser.
Les mains du jeune Potter se faufilèrent sous le haut de son partenaire, caressant cette peau si douce, enfonçant parfois délicatement ses ongles dans son dos, faisant frissonner Malefoy.
Leur envie grandissante, Drago mit fin à leur baiser, arrachant un gémissement de désapprobation à son amant.
"Drago.."
Jamais ils ne s'étaient appelés par leur prénom. Un sourire illumina le visage du blond.
Il se mit à genoux, releva la robe du jeune sorcier, se redressant pour l'ôter totalement, découvrant ses bras minces et frêles, ses abdos parfaitement dessinés sous sa peau luisante à la lueur de la baguette, et pour seul vêtement, un boxer. Le brun lui enleva son jean, pendant qu'il se hâtait d'envoyer voler son débardeur au fond du cachot.
À demi-nus, leurs mains glissant sur leur peau avide de caresses, leurs lèvres se frôlaient, se posaient sur les joues, le cou, le torse, descendaient vers le bas-ventre, remontaient, se scélaient. Le jeune Serpentard passa une main entre les jambes du Gryffondor, carressant ses cuisses délicatement mais fermement. Il frôla son boxer, sentant frémir sa fierté contre lui, remonta vers sa nuque, l'entoura de ses deux mains, déposant quelques baisers au creux de son cou, donnant de rapides et sensuels coups de langue sur sa peau si attirante.
Ils semblaient entièrement déconnectés de la réalité, ils avaient oublié où ils étaient, seule la présence de l'autre leur importait.

Malefoy prit possession de la lèvre inférieure de son amant, la mordillant doucement.
Leur bassin se cotoyaient, accentuant leurs gémissements.
Se dégageant de Drago, Harry fit lentement descendre ses mains le long de ses hanches, les fit pénétrer sous son boxer, qu'il enleva rapidement. Ses mains serrèrent amoureusement la fierté de son partenaire, puis glissèrent en un va-et-viens de plus en plus rapide. Il se mit à genoux au sol, à la hauteur de son entre-jambe, dont il commença à lécher passionément l'extrémité, ses mains caressant à présent ses fesses, douces et fermes au toucher.
Il prit la virilité de son amant en bouche, la caressant avec sa langue, toujours dans un mouvement de va-et-viens. Le blond gémissait de plus en plus fort, il se cambrait, se mordant la lèvre pour ne pas crier, entremêlant ses doigts à la chevelure jai de Harry.
Ce dernier se releva, après un dernier coup de langue, ôta à son tour son boxer, et se serra contre son corps, désormais si cher à ses yeux, emmêlant leurs jambes, redoublant la vitesse de leurs baisers et de leurs caresses tellement excitantes.
La main de Drago descendit le long de son dos, épousant ses courbes, pour s'arrêter sur son postérieur.
Tout en embrassant fougueusement le cou de son amant, il pénétra lentement un doigt dans l'antre chaude de son vis-à-vis pour le préparer, puis un deuxième, avant de s'immiscer lui-même en lui, guettant le moindre signe de douleur pour se retirer, mais Harry lui faisait confiance. Il avait mal et serrait les dents pour ne rien laisser paraître au début, mais bien vite, il le supplia d'accélérer le mouvement qu'il avait entamé.

La tête leur tournait, tous leurs sens se mélangeaient.
Cette expérience nouvelle les comblait de désir.
Ils s'étaient tellement haïs qu'ils ne s'en aimaient que davantage.
Ils se sentaient ivres de bonheur.

Submergés par tant d'extase, vidés de leurs dernières forces, les deux sorciers se laissèrent tomber à genoux, enlacés, leur tête se lovant au creux de leur cou, leurs ongles griffant la peau de leur dos. Ils restèrent ainsi pendant un long moment, savourant au maximum cet instant magique.
Peu à peu, ils entendaient leur respiration saccadée retrouver un rythme normal. Lorsqu'ils retrouvèrent leur calme, ils se relevèrent comme ils purent, cherchant leurs vêtements et s'aidant à les enfiler, s'arrêtant parfois pour déposer un baiser plein d'amour et de tendresse sur la peau sacrée de leur amant.

Aucun bruit ne parvenait du couloir.
Ils entrouvrirent la porte, s'embrassèrent une dernière fois, leurs langues s'entremêlant passionément.
Harry reprit ses lunettes, son livre et sa baguette, et ils sortirent tous deux du cachot.
Ils allaient chacun prendre la direction de leur dortoir respectif quand Harry retint Drago par la main. Il l'attira vers lui, baissant les yeux, un peu gêné, et lui souffla un "Merci" dans un murmure ému et reconnaissant.
Emporté par l'amour profond qui s'était développé en lui cette nuit-là, le jeune Malefoy déposa ses lèvres sur son cou, tendrement, et lui glissa à l'oreille "Bonne nuit mon ange." , avant de se retourner et de disparaître dans le sombre couloir.

Le lendemain, encore émerveillés par cette fabuleuse nuit, ils se réveillèrent et tentèrent de dissimuler le sentiment de bonheur qu'ils éprouvaient, afin d'éviter les questions de leurs amis.
La bonne humeur de Ron était revenue, il passait à présent son temps à aider ses frères à se trouver des cobayes qui accepteraient de tester leurs produits, en échange de quelques échantillons gratuits.

Cela permettait donc à Harry de rester seul, pour réfléchir.

Peu à peu, ce sentiment de bonheur invincible laissa place au doute et à l'angoisse.
Harry Potter était tombé amoureux de Drago Malefoy.
Et s'il s'était simplement servi de lui? Pour le faire souffrir encore plus, et le ridiculiser...
Et s'il avait voulu simplement essayer, choisissant le premier venu, sans rien éprouver pour lui?
Et même si, dans le meilleur des cas, il l'aimait aussi, comment affronteraient-ils le regard des autres? Devraient-ils se cacher, ou au contraire dévoiler leurs sentiments, au risque de perdre leurs amis?
Tourmentés, ils se rendirent à la Grande Salle pour le déjeuner de midi.
Pour éviter les soupçons, ils ne se regardèrent même pas durant tout le repas.

Heureusement, ils eurent tous les deux l'idée de passer l'après midi au parc, espérant se voir.
Ils se retrouvèrent donc au bord du lac, seuls.
Le ciel était orageux, la pluie n'allait pas tarder de tomber.
Cette fois, ils s'assirent ensemble, mais n'osaient pas se regarder en face.
Ce fut Drago qui brisa le silence qui s'était installé entre eux.
"Harry.. Tu sais.. Je ne te l'ai pas dit hier, mais.. Je t'aime."
Ahuri, le brun se retourna vers lui. Il avait baissé les yeux, faisant mine d'être concentré sur un brin d'herbe qui ondulait au gré du vent, clignant rapidement des yeux, comme pour chasser des larmes. Attendri, Harry comprit qu'il n'était pas le seul à avoir peur de l'avenir...
Il promena son regard désemparé autour d'eux: il n'y avait presque personne dehors, les élèves étaient rentrés, craignant l'orage.
Alors, sans plus hésiter, il se rapprocha de Malefoy, passa une main derrière son dos, l'autre tournant sa tête dans sa direction, le regarda avec tout l'amour qu'il ressentait pour lui, et murmura:
"Moi aussi je t'aime, Drago.."
À ces mots, le blond éclata en sanglots.
"J'ai peur.. Ils feront tout pour nous faire souffrir, je ne veux pas être séparé de toi, Harry, je ne pourrais pas.. Je t'aime.. je t'aime..
-Chuut, calme-toi mon amour.. Je te promets que je ne les laisserai pas te faire de mal, et on ne sera jamais séparés, tu m'entends? JAMAIS! Les autres ne comptent pas, la seule chose qui compte, c'est toi, c'est nous, c'est notre amour.. Ils pourront dire ce qu'ils veulent, on ne s'en souciera pas.. D'accord? Tant que nous sommes ensemble, rien ne pourra nous blesser.. Je t'aime."
Il essuya tendrement ses larmes, et posa ses lèvres sur les siennes. Le chagrin du Serpentard disparaissait peu à peu. Leurs bouches se séparèrent, et Drago enfoui son visage au creux du cou de Harry, le serrant autant qu'il pouvait, comme s'il craignait que quelqu'un le lui enlève.
Le jeune brun le berça doucement, lui murmurant des paroles réconfortantes, lui répétant inlassablement qu'il l'aimait et que, finalement, il s'en foutait des autres, ils n'auraient qu'à les ignorer, du moment qu'ils étaient ensemble, tout en caressant amoureusement ses cheveux blonds et soyeux.
La pluie commençait à tomber, mais ils ne s'en souciaient pas: ils savaient que plus tôt ils rentreraient, plus tôt ils auraient à affronter les autres élèves, et peut-être même le regard méprisant des professeurs...

Mais lorsque le tonnerre éclata, les faisant sursauter, et que la pluie redoubla de force, ils se levèrent, se tenant par la main et se dirigèrent en courant vers le hall d'entrée.

Malheureusement, au même moment, les jumeaux Weasley avaient fait exploser un feu d'artifice miniature devant les portes de la Grande Salle, dans le hall d'entrée, et tous les élèves présents avaient accouru pour assister au spectacle, ainsi que les professeurs, pour tenter de rétablir l'ordre. Seul le professeur Albus Dumbledore réussit à obtenir le calme.
C'est précisément à ce moment-là que les deux amants firent leur entrée dans le château.

Trempés de la tête aux pieds, essoufflés de leur course folle, main dans la main, tremblant de froid.
Ils restèrent un instant interdits. Tous les regards étaient tournés vers eux.
Un imposant silence régnait.

Harry Potter et Drago Malefoy, les deux pires ennemis du château, étaient sortis ensemble dans le parc, bravant l'orage, et se tenaient à présent la main...

Les Gryffondor étaient bouche bée.
Les Serpentards ne laissaient rien paraître de leurs émotions: Drago était en quelque sorte leur chef, ils savaient tous qu'ils n'avaient pas intérêt à lui reprocher quoi que ce soit.
Dumbledore, malgré sa sagesse et son tact, demeurait immobile, les yeux écarquillés.
McGonagal paraissait outrée, et détourna bien vite le regard pour se rendre à son bureau.
Et Rogue... fulminait. Tellement que ses yeux semblaient lançer des éclairs destinés à foudroyer Harry sur place.
Ce fut le directeur qui reprit contenance le premier, intimant à tous de retourner à son occupation, que le feu d'artifice étant terminé, il n'y avait plus rien voir.
Il s'en alla vers son bureu, bientôt suivi par les autres professeurs et élèves, à l'exception de Rogue et Ron.
"Mr Potter. Dans mon bureau IMMÉDIATEMENT. Je ne vous ai encore pas vu à la bibliothèque pour la recherche que je vous ai demandé, j'ai la très nette impressions que vous sous-estimez le travail à fournir." lança-t-il d'un ton glacial avant de se diriger vers son bureau, invitant Harry à le suivre.
Celui-ci ne réagit pas tout de suite, encore sous le choc de leur entrée.
Il se tourna vers son partenaire, lui aussi choqué, mais également soulagé. À présent, tout le monde savait, ils ne pouvaient plus faire marche arrière.
Drago sentait bien que Rogue allait faire une remarque cinglante à son amour, mais il ne savait que faire. Il l'enlaça donc pour le rassurer, lui fit son plus beau sourire pour l'encourager, et le laissa suivre son professeur, inquiet. Lorsqu'ils furent hors de vue, Ron se jeta sur lui en hurlant:
"Espèce de SAC À PUSTULES!!! Tu es fier de toi? Ton manège a bien marché? Il est tombé en plein dedans!! Tu te prends pour qui?!! À cause de toi, mon meilleur ami va passer pour un homo', et tout le château va se moquer de lui!! Tu as eu ce que tu voulais j'espère! N'essaye même pas de l'approcher à nouveau, je ne te laisserai pas anéantir sa réputation!
-Attends! Ron, calme-toi.. Ce n'est pas ce que tu crois..
-LA FERME SALE VAURIEN! les frères aînés de Ron, escorté par Neville, étaient redescendus dès qu'ils avaient remarqué que leur cadet ne les avait pas suivi, et Fred venait d'envoyer son poing en plein dans la figure de Drago, fou de rage.
-Si tu crois qu'on va te laisser lui faire du mal, tu te trompes, tu ne sais pas à qui tu as à faire! ajouta Georges avant d'imiter son frère.
Heureusement, le jeune Malefoy réussit à esquiver à temps, cette fois-ci.
Abasourdi devant tant de haine, il sentait les larmes lui monter aux yeux, révolté par cette injustice.
Il n'avait certes jamais été juste et honnête, mais il avait changé... Depuis la nuit dernière, il n'était plus le même, il était tombé amoureux, de Harry, mais personne ne voulait l'entendre..
Il ne voulait surtout pas se battre avec les amis de son chéri, après tout, ils ne voulaient que le protéger, et prendre la fuite signifierait renier ses sentiments aux yeux des autres, et au contraire, il ne souhaitait que leur prouver qu'ils avaient tort de l'accuser, qu'ils s'aimeraient avec ou sans leur accord, envers et contre tout. Il se laissa donc faire, subissant les coups des jumeaux et les sortilèges de Ron et Neville, en essayant de retenir le flot de larmes qui lui montaient aux yeux.


Harry avait suivi le professeur de potion jusqu'au cachot, leur cachot, et il essuyait à présent le pire sermon de sa vie. Rogue l'accusait de vouloir ridiculiser son protégé, de se moquer de lui, en vue de lui faire payer tous les différends qu'ils avaient eu. Il avait même prévenu Lucius Malefoy de la situation, et qui venait justement d'arriver.
Un silence étouffant s'établit dans la pièce.
Lucius et Severus regardait Harry d'un air tellement méprisant...
Il essayait de ne pas leur montrer sa détresse, soutenant leur regard, mais l'accumulation de toutes ces émotions devenait incontrôlable. Sa vue fut bientôt brouillée par les larmes qu'il tentait vainement de retenir, sous le regard étonné des deux hommes. Ne sachant plus que dire ou faire, ils sortirent donc de la salle, bien décidé à raisonner à son tour le jeune Malefoy.
Dès que la porte s'ouvrit, des échos de hurlements furieux leur parvinrent. Harry se rappela alors qu'il avait laissé Drago seul avec Ron... Essuyant ses yeux d'un geste brusque, il se releva et se précipita dans le couloir, suivi par les deux adultes, qui ne comprenaient pas vraiment la raison de cette course folle.

Ils arrivèrent rapidement dans l'entrée, et restèrent ébahis devant le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux.
Le jeune blond était recroquevillé à terre, les yeux noyés de pleurs, entourés par les trois Weasley et Neville Londubat qui lui crachaient toutes les insultes possibles et imaginables. Ils s'interrompirent néanmoins en apercevant le père de la victime et leur professeur détesté s'approcher, précédés de Harry.
Ce dernier se jeta au sol, enlaçant Drago dans une étreinte débordante d'amour, essuyant du bout des doigts les larmes qui coulaient sur les joues de son vis-à-vis. Ils se relevèrent ensemble, les yeux humides, et main dans la main, restèrent face aux autres.
Le brun lançant un regard noir à ses camarades de Gryffondor, le blond tenant tête à son père et son ami.
Attirés par cette nouvelle distraction, les autres élèves étaient redescendus de leur dortoirs, et observaient la scène d'un oeil attentif.
"Drago, ça suffit, suis-moi. commença Lucius de sa voix tranchante
-Je te fais honte? lui tint tête son fils
-Beaucoup plus que tu ne le penses. J'ai dit: SUIS-MOI.
-Non. Je suis désolé de te faire subir ça, papa, mais personne ne m'empêchera d'aimer Harry. "
Ledit jeune homme resta un moment sous le choc. Il s'attendait à ce que Drago se plie aux ordres de son père, et voilà qu'il défendait leur amour.. Il serra sa main un peu plus fort pour lui témoigner sa reconnaissance. Cela ne fit qu'encourager le jeune Serpentard à continuer.
"Oui, c'est vrai, nous nous sommes toujours haïs, mais ça a changé. Et ça, que vous le vouliez ou non. On n'a pas besoin de votre accord pour être heureux. JE L'AIME, un point c'est tout. Et si tu comptes me demander de choisir entre ma famille et mon amour, sache que c'est lui que je choisirai."
Sur ces derniers mots, ses yeux devinrent humides. Il fixait son père d'un air désolé, mais déteminé. Il avait pris sa décision, il ne reviendrait plus dessus.
Harry sentait les larmes couler de nouveau sur son visage, ému par cette si belle preuve d'amour.
Les professeurs restant à Pouddlard avaient rejoint la masse curieuse des élèves.
Dumbledore observait attentivement la scène, le visage impassible.
Finalement, les deux adolescents se tournèrent l'un vers l'autre, et s'embrassèrent timidement, se serrant l'un contre l'autre dans une étreinte indestructible.
Lucius et Rogue, vaincus par la tendresse infinie que dégageait ce couple, restèrent un moment immobiles, puis applaudirent lentement, bientôt suivis par la plupart des élèves et des professeurs.
Albus Dumbledore congédia tout le monde, et lorsque les deux jeunes hommes se détachèrent, il les invita à le suivre dans son bureau. Il traversèrent le passage caché menant au bureau du directeur, et prirent place en face de lui.
"Bien. Je ne vais pas vous retenir longtemps, j'aimerais seulement vous faire part de ma profonde admiration.
Vous avez fait preuve d'audace et de courage, et vous avez réussi à imposer ce que vous revendiquiez. Vous avez eu parfaitement raison. J'ignore quelles sont les raisons de ce brusque changement d'attitude l'un envers l'autre, et je ne veux pas les connaître, mais vous êtes la peuve vivante que le bien vient toujours à bout du mal: l'amour a eu raison de la haine.
Ne vous souciez pas de ce que pensent les autres de votre relation, vous avez sûrement toutes les personnes présentes aujourd'hui au château de votre côté, mais lorsque les vacanciers reviendront, ce ne sera pas forcément le cas.. Il vous faudra être forts.
Et n'oubliez pas: la persévérence vous aidera.
"
Son bref discours achevé, il se leva, leur indiquant qu'il était temps pour eux de redescendre.
D'un même élan, ils se jetèrent tous les deux dans les bras du directeur, étonné et ému par leur profonde reconnaissance.

Les semaines suivantes se passèrent sans incidents.
Les Gryffondor s'étaient excusés auprès de Harry et Drago, regrettant leurs gestes, mais ne l'aimaient pas pour autant. Ils avaient seulement compris qu'ils ne pouvaient rien contre leur amour.
Les autres élèves faisaient comme si de rien n'était, ce qui n'était pas plus mal.
Les professeurs d'abord choqués, avaient été raisonnés par Dumbledore, et suivait son exemple.

Quant à Lucius Malefoy, il avait avouer à son fils qu'il était fier de lui: même si lui, il continuait de haïr le jeune Potter, le fait que son fils ait oser tenir tête aux élèves et professeurs présents lors de l'incident l'avait profondément touché. Rogue était du même avis, précisant toutefois d'un air dégouté qu'il aurait pu trouver un autre homme.

Lorsque le jour de reprise des cours arriva, la nouvelle s'était déjà répandue comme une traînée de poudre. Les élèves en parlèrent pendant quelques jours, puis ils s'habituèrent à les voir ensemble, s'embrassant ou se tenant par la main, et ils n'y firent même plus attention.


Par une belle soirée d'été, les feux d'artifices illuminaient le ciel noir. C'était un jour de fête, la Grande Salle était comblée. Les discussions multiples et les éclats de rire raisonnaient sous l'immense voûte du plafond. Gryffondor avait encore une fois reçue le trophée des Quatre Maisons, au grand damn des Serpentard.
Il ne manquait que deux personnes au banquet de fin d'année.

Harry et Drago était enlacés au bord du lac, profitant pleinement de leurs derniers instants d'intimité.
Le lendemain matin, ils devraient faire leurs valises et rentrer chez eux. Ils ne se verraient plus pendant deux longs mois de vacances.
Harry s'était allongé dans l'herbe, les yeux fermés, comme pour s'imprégner de la douceur de cette soirée.
"Promets-moi que tu m'écriras." Il avait rouvert ses yeux, et regardait l''ombre au-dessus de lui avec espoir.
Drago esquissa un sourire et le regarda malicieusement. Il prit sa tête dans ses mains, se pencha et embrassa tendrement ses lèvres.
"Je te le promets. Je t'aime." Rassuré, Harry se releva, fit tomber le jeune à la renverse, et se répandit en carresses sur son corp. Son vis-à-vis frissona au contact de ses mains froides sur la tiédeur de sa peau.
Ils ôtèrent leur chemise malgré la fraîcheur de cette soirée, et se câlinèrent durant une bonne partie de la nuit, se réchauffant à la chaleur de leurs corps, avant de s'endormir, serrés l'un contre l'autre, silhouettes minces et fragiles, seules dans l'obscurité de la nuit.



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# Posté le samedi 12 mai 2007 11:15

Modifié le jeudi 21 février 2008 13:30

On ne sépare pas ceux qui s'aiment..

On ne sépare pas ceux qui s'aiment..
|| J A C K__S P A R R O W__&__W I L L I A M__T U R N E R ||






Un enfant.
Ils ont un enfant.


Le regard fixant l'horizon, le capitaine Jack Sparrow était sidéré.

Quelques mois plus tôt, il avait réussi à reprendre le commandement du Black Pearl, au grand damn de Barbossa, qui s'était alors provisoirement installé à Singapour.
Tout allait donc pour le mieux.. jusqu'à ces derniers jours.

Lors d'une escale à Tortuga, l'équipage et son capitaine avaient eu la surprise d'apprendre que Will et Élizabeth Turner avaient un enfant.
Oui; William Turner, capitaine du Hollandais Volant, était devenu père, et l'ignorait probablement.
Oui; Élizabeth Turner, épouse guettant depuis déjà 9 ans le retour de son mari, était devenue mère, et attendait certainement impatiemment l'occasion d'annoncer cette nouvelle -de quelques années déjà- au père de son enfant.

Voguant sur une mer bien trop calme, le Black Pearl cherchait vainement le moindre navire à attaquer. Les pirates, accablés par le manque de distraction, étaient nonchalemment assis de part et d'autre du bâtiment -terme nautique.
Et le capitaine, les yeux perdus dans l'immensité bleue qui s'étendait à perte de vue, se répétait inlassablement ces mots qui le bouleversaient.

"Ils ont un enfant.
-Ouais cap'taine, un Turner junior, un futur pirate!"

Gibbs l'avait rejoint, une bouteille de rhum presque vide à la main.
À cette vue, Jack sembla ramené à la réalité: il la lui arracha des mains et bût avidement les dernières gouttes qui subsistaient, sans tenir compte des grognements agacés du pirate.

"Cap sur l'île de la Muerta!"

Les membres de l'équipage se mirent chacun à leur poste, suivant ses ordres, revigorés à l'idée de retrouver cette île au nom funeste qui était pourtant devenue leur repère.

En effet, Jack et Barbossa s'étaient mis d'accord pour s'approprier ces terres inconnues de tous ceux qui ignoraient où elles se trouvaient. Le coffre renfermant les médaillons aztèques avait été soigneusement isolé, et les pirates avaient pris possession des lieux, entreposant butin invendu et provisions, se créant des abris de fortune dans les nombreuses grottes qui se trouvaient sous l'île.
Ils avaient pris l'habitude de se réfugier ici lors des tempêtes trop violentes pour être traversées, ou tout simplement pour profiter du calme et de la tranquilité qu'ils ne pouvaient trouver dans les ports.
Or, ce jour-là, le capitaine Jack Sparrow avait plus que tout besoin de calme pour remettre de l'ordre dans ses idées, qui étaient ces temps-ci pour le moins troublantes.

Ils mirent un jour entier pour arriver à destination, et c'est avec un soulagement très perceptible que les pirates embarquèrent dans les canots pour atteindre le rivage.

Jack se réfugia immédiatement dans la cavité la plus élevée, qu'il avait soigneusement aménagée.
Las, il se laissa tomber sur le tas de couvertures toutes plus douces et confortables les unes que les autres qui lui servait de lit.
Il savait qu'il aurait dû se réjouir en apprenant la naissance d'un petit Turner, mais il n'en ressentait absolument aucune satisfaction. Le sentiment qui l'habitait était même diamétralement opposé à ce qu'il aurait dû être.
Il était.. JALOUX.

Pourquoi?
Cette question restait à éclaircir.

Peut-être parce qu'inconsciemment, j'aimerais moi aussi avoir un enfant pour lui dévoiler tous les secrets de la piraterie..
Non, il était un homme avide de liberté; avoir une famille lui donnerait l'impression d'être prisonnier.

Parce qu'Élizabeth a choisi de s'unir avec Will et non avec moi?
Plus il y pensait, et plus il se rendait compte que la jeune femme était la dernière personne à laquelle il pensait. Enfin, pas tout à fait, puisqu'elle était tout de même à l'origine de ses problèmes..

Il fût contraint de se rendre à l'évidence: si aucune de ces raisons n'étaient valables, alors seule la dernière, qu'il tentait pourtant d'oublier tant elle lui semblait incohérente, était la réelle cause de la jalousie exacerbée qu'il ressentait.

Je suis jaloux.. jaloux.. d'Élizabeth..

Aussi loin qu'il se souvienne, il avait toujours été attiré par Will, faisant de son mieux pour refouler son désir. Il pensait y être arrivé en essayant de se rapprocher d'Élizabeth, mais le résultat était là: rien n'avait changé.
Il se rappela sa première rencontre avec lui, il avait alors frôler la pendaison par sa faute.
Et puis, il l'avait aidé à s'enfuir de prison, certes pour qu'il l'aide en retour à sauver la demoiselle Swann, mais il l'avait aidé quand même.
Les moments passés à naviguer ensemble à la recherche d'un équipage pour retrouver le Black Pearl; et les nombreuses péripéties qu'ils avaient vécues..

Tout cela paraissait tellement loin..
Will était alors persuadé qu'il n'était rien qu'un forgeron.
Il avait tellement changé.. Il était devenu un excellent pirate, courageux, séduisant et fier.
Mais il s'était marié, et avait à présent un enfant. Il était aussi capitaine du Hollandais Volant, ce qui le condamnait à passer 10 ans en mer pour seulement une journée à terre afin de revoir son épouse..
Et il restait encore un an avant qu'il fasse la connaissance de son enfant.
Et dès qu'il aurait appris son existence, toutes les chances qu'il ait un jour une aventure avec le capitaine Sparrow disparaîtraient..

NOON!! Will Turner.. Tu ne m'échapperas pas. JE TE VEUX, et JE T'AURAI!!
Il avait un peu moins d'un an pour le retrouver dans l'antre de Davy Jones, le faire succomber à la tentation, et revenir de l'au-delà..

Ses yeux pétillèrent de malice. Il ferait de Will le sien, ne serait-ce que pour une semaine, une journée, une nuit, ou même une heure, et le jeune homme se lamenterait alors de s'être marié si précipitemment.
Il s'endormit sur ces dernières pensées, déterminé à retrouver son ami qui deviendrait bientôt son amant.


Le lendemain, il entreprit de stocker des provisions dans un des nombreux navires que son équipage avait dérobé lors des escales dans les ports. Plus petit que le Black Pearl, il serait parfait pour lui seul.
Il ne se séparait jamais de son compas, ni des cartes que Will avait un jour dérobées à Sao Feng; ces ustensiles lui seraient essentiels durant son périple.

"Gibbs! Je vous confie la tâche de capitaine durant mon absence.
-Bien capitaine."

Ravi de cet honneur, celui-ci le regarda s'éloigner de sa démarche si spéciale, avant de se rendre compte des paroles qu'il avait dites.

"CAPITAAIINE!! ATTENDEZ!!"

Il se mit à courir derrière lui, et le rattrapa de justesse avant qu'il n'embarque dans un canot en direction de son navire.

"Mais enfin, où allez-vous?
-Où vais-je? Huum.. J'ai une nouvelle de la plus haute importance à annoncer à un ami de longue date.
-Ah, je vois. Will. Bien-sûr. Je me doutais bien que quelque chose vous tracassait, c'était donc ça! Vous trouvez injuste qu'il n'ait pas été prévenu, n'est-ce pas?
Oui oui, c'est ça, c'est ça.. --'
Mais.. comment diable a-t-il compris que cela concernait Will o0?

-Voilàà! C'est exactement ça! Maintenant, veuillez m'excuser, mais je ne peux m'attarder plus longtemps."

Sur ces mots, il embarqua, s'éloignant lentement du rivage, ignorant les cris que lui lançait le pirate.

"Mais capitaine! Turner se trouve dans l'antre de Davy Jones, vous ne pouvez pas y aller! C'est IMPOSSIBLE! Vous avez déjà eu une chance inimaginable d'en ressortir une fois, vous n'y arriverez pas une deuxième fois!! C'est trop risqué! CAPITAAIINE REVENEZ!"

Impossible.. Idiot! Quand on veut, on peut. Et il n'y a rien que je désire plus que Will! L'impossible n'est rien; tu oublies que je suis le Capitaine Jack Sparrow!

Et c'est ainsi qu'il vogua pendant des mois en direction des eaux glaciales du Nord, où se trouvait le passage qui l'emmènerait dans l'autre monde.

Sa détermination était telle que même le froid, la solitude et la faim ne semblaient l'atteindre.

Enfin, il laissa derrière lui les mers et les océans qu'il chérissait, ainsi que les couleurs vives du jour et la chaude lumière du Soleil.
Il se retrouva sur une étendue d'eau tellement lisse que pas un moindre souffle ne semblait troubler. Le ciel noir de la nuit parsemé de millions d'étoiles scintillait au-dessus de lui, se reflétant dans l'eau.
J'ai l'impression de flotter dans le ciel.. Ça paraît.. magique.. irréel..
Will.. Alors c'est là que tu viens chaque jour, guidant les morts vers l'autre monde..

Il savait qu'il était proche de son but. Bientôt.. Très bientôt, il pourrait le revoir. Enfin.
Il se pencha par-dessus bord, et remarqua que des canots transportaient des personnes d'une pâleur blanchâtre, fantomatiques, dans la même direction que Jack suivait -grâce à son précieux compas.
Il ne pût réprimer un frisson. Ce macabre spectacle contrastait terriblement avec la paisible atmosphère qui les entourait.
Moi aussi, j'ai dû passer par là, lorsque le Craken m'a.. avalé..
Il n'en gardait aucun souvenir.

Absorbé par ses pensées, il n'aperçut pas tout de suite l'imposant vaisseau qui restait immobile un peu plus loin. Lorsqu'il prit conscience qu'il n'était qu'à quelques mètres du Hollandais Volant, son coeur fit un bond dans sa poitrine.

Il avait réussi la première étape. Et il était persuadé qu'il réussirait brillament la suivante. Seul le retour au monde des vivants ne serait pas facile.
J'ai bien le temps pour y penser, inutile de s'inquiéter!
Il concentra son attention sur le navire. Les cadavres se dirigeaient tous vers lui, et montaient à bord.
Il repartira lorsqu'il sera plein..
Il ne savait absolument pas quelle conduite adopter.
Il devrait probablement attendre que Will le remarque et le rejoigne. Il ne pouvait prendre le risque de rencontrer les membres de l'équipage, surtout Bill le Bottier, qui était enchaîné à ce navire à cause de lui, et qui ne le tenait plus dans son coeur depuis.

Il avait en effet contesté la décision de Barbossa, lorsque celui-ci avait réalisé une mutinerie contre Jack pour prendre le commandement du Pearl, il y a bien longtemps. Il s'était retrouvé coulant au fond de l'océan, entraîné par un boulet de canon bien attaché à ses pieds, et Davy Jones l'avait alors pris sous son commandement.

Humm, il ne me reste qu'à attendre..
Il attendit longtemps, suivant l'étrange scène qui se déroulait sous ses yeux, patient.
Lorsqu'enfin tous les morts eûrent disparus de la surface, le Hollandais s'éloigna lentement, jusqu'à disparaître, visiblement entraîné par des chutes.
Atrocement déçu, Jack ne pouvait détourner le regard de l'endroit où se trouvait le navire quelques instants plus tôt.
Il était si près du but.. Et Will ne l'avait même pas remarqué.
Il avait bravé l'impossible pour le retrouver, n'était même pas sûr de pouvoir un jour revenir dans le monde qu'il avait quitté, et tout ça.. pour rien..
Accablé, le capitaine était perdu. Il se sentait.. seul. Abandonné.
C'est alors seulement qu'il prit conscience que des sanglots étouffés s'élevaient faiblement derrière lui. Quelque chose, ou plutôt quelqu'un, était à bord, et pleurait..

"Jack.. Jack.. Non, c'est pas vrai, tu n'es pas mort Jack.. Je t'en supplie, Jack, dis-moi que tu n'es pas mort!!"


Will.. C'est la voix de Will!
Il se retourna, n'osant pas croire ce qu'il venait d'entendre.
Et il trouva le jeune homme, trempé, agenouillé, la tête dans les mains, secoués de sanglots qu'il tentait vainement de refouler.

Il l'avait rejoint! Il avait nagé à sa rencontre, et était persuadé qu'il était mort..
Il pleure.. pour moi? :o
Ému, il était aux anges.
Il se mit à genoux, écarta une mèche rebelle du visage de son vis-à-vis, et releva sa tête en glissant un doigt sous son menton, le forçant à le regarder dans les yeux.
Son regard noisette noyé de pleurs se perdit dans les yeux d'un noir intense du capitaine.
Ce dernier essuya doucement les larmes qui roulaient sur ses joues, et lui murmura:
"Je suis pas mort.."
Incrédule, Will le fixait sans comprendre.
"Mais.. Mais.."
Jack lui sourit tendrement.
Ne pouvant résister d'avantage, Will passa sa main derrière sa nuque et rapprocha timidement leurs visages, laissant leurs lèvres se scèler, et leurs langues se caresser sensuellement.
Mais Jack se releva précipitemment, mettant fin à leur baiser.
Il se tourna vers l'étendue infinie qui brillait autour d'eux.
Je n'aurais jamais dû venir! Mais qu'est-ce qu'il m'a prit!! Il est marié, et père en plus!
Et puis, je n'imaginais pas que ça se passerait comme ça.. Je voulais juste "jouer" avec lui.. Mais si ça continue.. Je vais.. Je vais.. Tomber amoureux.. De lui..

Ils n'iraient pas plus loin. Il ne fallait pas. Il ne pourrait pas.
Le jeune homme l'observait, décontenancé.
Il.. Il n'allait quand même pas le rejeter..
Il se leva à son tour, bien décidé à ne pas lui laisser le choix.

"Will.. Il faut que je te dise.. À propos d'Élizabeth.."

Pris d'une soudaine panique, Will s'immobilisa.
NON. Il ne voulait pas l'entendre.
Depuis qu'il était parti, il avait peur. Peur de ce qui l'attendrait quand il pourrait enfin rentrer chez lui. Il s'était rassuré en se disant que sa femme n'était pas prête pour être mère, qu'elle était encore trop jeune.. Mais il était à présent persuadé que Jack allait confirmer ses craintes.

"Tais-toi!"

Sa voix avait lancé d'un ton sec et glacial ces deux mots, avant qu'il ait pû s'en rendre compte.

Des larmes de rage et de désespoir commencèrent à couler sur ses joues, sans qu'il cherche à les retenir.
Surpris, Jack le regardait, impuissant, sans comprendre ce qui l'avait mis dans cet état.
De nouveau, sa voix s'éleva, tranchante.

"Alors c'est pour ça.. C'est pour me dire ça que tu es venu.."

Le capitaine n'aurait su dire si c'était le ton tellement blessant ou le regard empli de haine et de larmes que Will lui lançait qui le faisait le plus souffrir. Son coeur semblait transpercé par des lames acérées à chaque paroles que le jeune homme prononçaient.

"Ce n'est pas pour moi, ce n'est pas pour t'assurer que je vais bien, ce n'est pas parce que je te manque.. C'est seulement pour m'annoncer ça!! Mais comment ai-je pû être aussi stupide! J'ai cru.. J'ai cru.. J'ai cru que.. Oh, et puis peu importe! De toute façon, ça revient au même!
-Will.. Non..
-Tu ne peux pas savoir! Tu ne peux pas savoir la terreur que j'éprouvais chaque fois que je devais guider les morts.. J'avais tellement peur de te voir un jour parmi eux!!! Je n'ai pas arrêté de penser à toi! J'ai tellement regretté de m'être marié à Élizabeth alors que savais très bien que je ne l'aimais pas, et que je ne l'aimerai jamais! Durant toutes ces années que j'ai passées ici, je ne rêvais que de te revoir! Et aujourd'hui, tu es vraiment là!! J'ai eu tellement peur quand je t'ai vu! Mais après.. Je pensais.. Que tu étais venu.. pour me voir..
-Will.. Je t'en supplie, calme-toi.. Ne pleure pas..

-Jack.. Tu ne peux pas comprendre!! LAISSE-MOI!
-Will!
-JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE VOIR!! Je.. Je..
-WILL!"

Jack se rua sur lui, le serrant dans ses bras aussi fort qu'il pouvait, ignorant les coups que celui-ci lui donnait pour tenter de lui échapper.
Décidément, rien ne se passait comme il l'avait prévu, mais pour rien au monde il aurait voulu revenir en arrière et choisir de ne pas le rejoindre.
Lui aussi pleurait. Il n'avait pas pleuré depuis qu'il était devenu un pirate de renom, et aujourd'hui, un sale gamin terriblement craquant faisait chavirer son coeur.
JE T'AIME WILL!
Il luttait intérieurement pour ne pas lui hurler ses sentiments.
C'était le capitaine Jack Sparrow tout de même; il avait sa fierté.

"Jack.. Pourquoi tu n'as jamais compris.. pourquoi.. Pourquoi m'as-tu laissé seul pendant si longtemps.. j'avais tellement besoin de toi.. Je.. je.. JE T'AIME JACK!!"

Celui-ci resta un moment indécis, légèrement étonné par cette déclaration inattendue.

"Will.. Calme-toi, je t'en prie.."

Il l'attira dans sa cabine, l'assis sur le lit, et le prit tendrement dans ses bras, le berçant lentement pour l'apaiser. La tête nichée au creux de son cou, Will se calmait peu à peu, ne comprenant pas l'attitude de Jack envers lui.

"Will.. Moi aussi je t'aime.. Pardonne-moi.."

L'interpelé avait relevé la tête, une lueur d'espoir brilllant à travers ses larmes.
'me regarde pas comme ça.. Tu dois savoir.. Dis-lui.. Allez, il faut que je lui dise.. Tant pis s'il me déteste ensuite, je ne peux faire comme si je ne savais rien..

"Mais.. Il faut que tu saches.."

Il s'interrompit s'attendant à un nouvel éclat de colère. Mais Will avait fermé les yeux, et semblait prêt à entendre ce qu'il avait à lui dire.

"Tu.. Tu as.. Tu as un enfant. Un fils. Tu es papa, Will.."

Ses yeux s'embuèrent de larmes à ces paroles, il tenta de les cacher en baissant la tête.
Will.. Ne me laisse pas..

Le jeune homme ouvrit les yeux, et le regarda tristement.

"Je m'en doutais.. Je suis désolé, Jack.."

Tout en disant ces mots, il prit la tête du capitaine dans ses mains, et l'embrassa passionément. Leurs langues se mêlèrent, se caressant amoureusement.
Will enleva sa chemise, puis celle de son vis-à-vis ainsi que son tricorne. Jack s'allongea au-dessus de lui, prenant possession de sa lèvre inférieure, la mordillant sensuellement, ses mains caressant son torse encore humide d'avoir plongé pour le rejoindre.
Ils se séparèrent, enlevèrent rapidement leurs bottes et se déshabillèrent mutuellement, guidé par une excitation grandissante.
Jack prit de nouveau le dessus, embrassant chaque parcelle du corps de Will, ses lèvres, son cou, son torse, descendant lentement vers son bas-ventre. Le jeune pirate gémissait de désir, caressant le postérieur nu de son amant, admirant ses courbes si parfaites et attirantes, avant d'entremêler ses doigts dans les cheveux tressés du capitaine lorsque celui-ci lécha passionément sa fierté. Il se cambra, profitant pleinement de chaque caresse de Jack; ils savaient tous deux qu'ils n'y auraient aucune prochaine fois.. Ce dernier avait pris la virilité du jeune en bouche, et entamait un vas-et-viens de plus en plus rapide. Mais cela ne dura pas longtemps, il s'arrêta, et entreprit de glisser sa langue sur le torse de son amant, mais le jeune lui releva la tête, l'embrassant fougueusement, leurs langues se mêlèrent encore, se cherchant avidement. Leurs sexes se frôlaient, les faisant gémir de plus en plus fort.
"Will.. Retourne-toi!"
"Bien.. Capitaine.."
Il s'éxécuta. Doucement, maîtrisant son désir grandissant qui lui disait de ne pas attendre plus longtemps, Jack entra un doigt dans l'entrée de son amant, l'habituant à sa présence, puis, le retirant, il pénétra en lui, toujours doucement, prenant garde à ne pas lui faire mal. Ignorant la douleur, Will le supplia d'accélérer, et son partenaire ne se fit pas prier.
Au comble de l'extase, le souffle court, les deux amants étaient entièrement déconnectés de la réalité.

Lorsque Jack se retira et s'allongea près de Will, à bout de souffle, celui-ci le serra dans ses bras, enfonçant ses ongles dans son dos, désespéré.
"Jack.. Je ne veux pas être séparé de toi.. "
La gorge nouée, le capitaine ne lui répondit pas. Il se contenta de le serrer encore plus contre lui.

C'est ainsi qu'ils s'endormirent, anxieux, maudissant cette vie qui devait les séparer.

Quelques heures plus tard, Jack se réveilla. Will avait posé sa tête dans son cou, et dormait profondément. Attendri, le capitaine l'observa jusqu'à ce qu'il se réveille, et lui souffla quelques mots à l'oreille.

"T'es tellement mignon quand tu dors.."

Le jeune homme l'embrassa tendrement en guise de réponse.
Ils se levèrent enfin, s'habillèrent, et montèrent ensemble sur le pont.

"Le Hollandais va bientôt arriver.."

Les morts arrivaient déjà par centaines.

Les yeux dans les yeux, les deux amants ne savaient plus quoi dire. Ils refusaient de se dire adieu, pourtant ils savaient tous deux qu'ils ne se reverraient plus..

"Jack.. Je ne tiendrai pas sans toi..
-Bien sûr que si! Tu as une femme qui t'aime et un enfant qui doit attendre impatiemment de voir enfin son pirate de père, tu ne peux pas les abandonner, Will.
-Mais.. Jack.."

Ce dernier l'enlaça amoureusement, et glissa ses lèvres sur les siennes.

C'est alors que le Hollandais Volant fit son apparition, se rapprochant d'eux lentement.

"Il faut que tu partes Will. Je t'aime..
-Je.. Moi aussi je t'aime.."

Ils s'embrassèrent de nouveau, laissant leurs langues se toucher une dernière fois, puis Jack repoussa le jeune homme, en le priant de partir. Les joues ruisselantes de larmes, Will partit sans se retourner, et plongea pour retourner sur son navire.

Le capitaine Sparrow le regarda nager, le coeur brisé, faisant de son mieux pour ne pas hurler de douleur et de désespoir. Il attendit que les pirates disparaissent, et alors seulement, il se décida à rentrer dans son monde.
Comment il fit pour réussir cet exploit, il ne savait pas. Il ne savait plus. C'était comme si ce n'était pas lui qui était à la barre. Ou plutôt, comme si son corps savait précisément comment faire, alors que son âme meurtrie ne prêtait même plus attention à ce qu'il se passait autour lui.

Il rejoignit l'île de la Mort, mécaniquement, et repris le commandement du Black Pearl.
Le jour où Will pourrait revenir se rapprochait à grand pas, inévitable.
Lorsqu'il arriva enfin, le Black Pearl avait jeté l'ancre non loin de la rive où Élizabeth habitait, situé de telle sorte que personne ne pouvait le remarquer.
L'équipage avait rejoint la côte pour se rendre dans les bars et remplir les cales de rhum, mais Jack attendait, les yeux fixés sur la ligne d'horizon. Au lever du jour, son amant arriverait.
Il distinguait nettement deux silhouette au sommet de la falaise, guettant comme lui l'arrivée du jeune Turner.

Enfin, celui-ci arriva. Il le vit s'avancer timidement vers sa femme, qui s'empressa de lui sauter au cou et de l'embrasser, avant de lui présenter son enfant, qu'il serra dans ses bras. Ils avaient l'air tellement heureux..
Toute la journée, le capitaine du Black Pearl les observa, jouant dans les prés, faisant la course, se baignant dans le ruisseau tout proche, ou combattant à l'épée, rayonnants de bonheur.
Lorsque l'aurore arriva, Will repartit, non sans leur recommander de prendre soin d'eux.
Il avait l'air si inquiet de devoir les laisser seuls durant 10 longues années..
Will.. Ne t'en fais pas.. Je veillerai sur ta famille, je te le promets.
Un éclat de lumière vert se répandit à l'horizon; le Hollandais et son capitaine avait disparu.

Les jours, les mois et les années passèrent.
Et Jack les surveillait sans relâche, nuit et jour.

Malheureusement, une nuit, ce qu'il craignait tant arriva.
Une bande de voleurs affamés et sans pitié prirent pour cible la demeure des Turner. Ils prirent l'enfant en otage, menaçant de le tuer si la jeune femme ne leur donnait pas tous ses biens, bijoux, argent et nourriture. Refusant de céder sous la menace, elle se défendit courageusement. À sa plus grande surprise, Jack, semblant sortir de nulle part, vint lui porter secours. Il n'eût aucun mal à libérer l'enfant.
La rage lui brûlant les entrailles, il se battit durant toute la nuit, mais ses assaillants ne semblaient pas encore prêts à abandonner.
Il avait empêché la jeune femme de l'aider, lui ordonnant de se mettre à l'abri avec son fils, et, étonnée par sa soudaine autorité, elle n'avait pû lui désobéir.
Le nombre d'ennemis diminuait progressivement, mais la fatigue du capitaine commençait à se faire sentir.
Lorsqu'enfin, les voleurs décidèrent de battre en retraite, celui qui semblait être leur chef tenta une dernière attaque.
Profitant d'un bref moment d'inattention, la lame de son épée transperça le coeur de son rival. Une douleur fulgurante l'envahit tout entier; ses forces le quittèrent. Il s'effondra sur le sol poussiéreux sous les cris horrifiés d'Élizabeth.

Le jour se levait, recouvrant l'océan de ses couleurs chaudes, teintant le paysage d'une magnifique couleur dorée.


Will accosta, surpris de ne voir personne pour l'accueillir.
Un homme passa en courant près de lui, visiblement pressé de quitter les lieux, une épée tachée de sang à la main.
Pris de panique, le premier réflexe du jeune homme fût de dégainer la sienne, tranchant la tête du fuyard sans hésitation. Il se dirigea en courant chez lui, poussant la porte à la volée.
Ce qu'il découvrit alors lui coupa le souffle. Sa femme et son enfant s'affairaient autour de Jack, qui gisait, immobile sur le sol.
Il se précipita sur lui, ôta sa chemise, et découvrit sa profonde blessure.
Le sang coulait abondamment sur son torse.
Il prit le linge humide que lui tendait sa femme et tenta de nettoyer la blessure, mais Jack l'en empêcha. Il glissa sa main dans la sienne, mêlant leurs doigts, et murmura d'une voix faible:
"Je t'aime, Will.. J'ai fait ce que j'ai pu pour protéger ta famille..
-Ne parle pas, Jack! Garde tes forces.. Je t'en supplie, accroche-toi! On va t'aider, je vais m'occuper de toi, je te le promets! Ta blessure va guérir, tu verras.."
Les yeux emplis de larmes, il secoua imperceptiblement la tête.
"Non.. Tu sais très bien que je ne guérirai pas..
-NE DIS PAS ÇA! TU NE PEUX PAS M'ABANDONNER, JACK! ACCROCHE-TOI!"
Ignorant ses cris, il continua, surmontant sa douleur.
"Il faut.. que.. tu trouve quelqu'un pour.. les protéger.. pendant ton absence.. Will.."
Sentant ses forces s'échapper, le jeune homme se pencha sur lui et l'embrassa désespérément.

"Chuut, je t'en supplie, tais-toi.. Ne me laisse pas.."

Le coeur débordant de tristesse et de peur, il était perdu.
Son regard se porta sur le poignard qui ne le quittait pas, puis sur le coffre posé sur une table basse au milieu de la pièce. Sans réfléchir plus longtemps, il s'empara du coffre, sortit la clé accrochée à son cou, et l'ouvrit. Il sortit le coeur qui battait à l'intérieur, et brandit l'arme au-dessus.
Horrifié, Jack voulut l'en empêcher, mais il était tellement faible qu'il ne pouvait faire un geste, et sa voix se perdit dans un murmure presque inaudible.
"Non.. Ils ont.. besoin.. de.. toi.."

Le regard calme de Will se posa sur ses yeux noirs presque éteints.

"Si tu penses que je peux continuer à vivre en te sachant mort, c'est que tu n'as vraiment rien compris.."

Il posa un instant son poignard, pris la tête du capitaine dans ses mains, caressant tendrement ses joues, et l'embrassa avec tout l'amour qu'il pouvait lui donner. Rassemblant ses dernières forces, Jack répondit à ce baiser bref et passioné, et le regard brillant d'un éclair de joie, laissa retomber sa tête, se tournant vers la jeune femme et son fils qui les regardaient, impuissants et stupéfaits.

"Je suis.. désolé.."

Will l'enlaça doucement, les larmes roulant sur ses joues, et lorsqu'il sentit le dernier souffle de vie quitter son amant, il enfonça la lame d'un geste sûr dans le coeur qui le maintenait encore en vie.
Son corps tomba dans un bruit sourd, sa tête se nichant au creux du cou de son capitaine.

"WIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIILL!!"

Le cri déchirant qui se répandit au loin alerta l'équipage du Black Pearl et du Hollandais Volant.




Les corps enlacés de Jack et Will fûrent enterrés au sommet de la falaise, leur tombe dominant l'immensité de l'océan.

Gibbs fût nommé sous-capitaine du Black Pearl, en attendant le retour de Barbossa; quant au Hollandais Volant, il se mit en quête d'un nouveau commandant prêt à assumer cette lourde tâche.

Bill Turner abandonna sa carrière de pirate pour prendre soin de sa belle-fille et de son fils, qu'il aima comme s'il était le sien.
Élizabeth se remaria avec un homme du village non-loin de chez elle, un forgeron.
Il fût immédiatement apprécié par les autres membres de la famille, et ne se douta jamais qu'il côtoyait des pirates. Il devint père de deux ravissantes jumelles, aux allures de véritables princesses, gentilles, douces et attentionnées, qui ne rêvaient que de châteaux forts et de princes charmants.
Le fils de Will, lui, passait ses journées à manier les épées qu'il trouvait dans la forge de son beau-père, ou à regarder l'océan avec envie en compagnie de son grand-père, qui lui racontait une multitude d'histoires sur les pirates, la vie de son père, ou celle de Jack Sparrow.
Pour lui, les deux hommes étaient devenus de véritables héros. Il les avait rarement vus, mais il leur vouait une admiration sans limite.
Il savait que sa mère haïssait son père de l'avoir trompée et de les avoir abandonnés, mais lui était fasciné par l'amour fou qui l'avait poussé à se suicider pour son amant, qui lui-même était mort pour le protéger.

[Ending Theme]

"Papa.. Jack.. Un jour, moi aussi, je serai un pirate, courageux, intrépide et redouté ; et ce jour-là, vous pourrez être fiers de moi."

Agenouillé devant leur tombe, les yeux brillants de détermination, le jeune homme se promit de suivre les traces de son père. Quoi qu'il arrive, quels que soient les dangers à affronter, il se montrerait digne d'être le fils d'un pirate.




|| J A C K__S P A R R O W__&__W I L L I A M__T U R N E R ||


# Posté le jeudi 14 juin 2007 04:40

Modifié le mardi 11 décembre 2007 06:05

Princesses in love

Princesses in love
..

Si vous voulez mieux comprendre,_____________________________________
je vous mets les épisodes en VOSTFR jusqu'au 7, puis en VOSTA_
[Version Originale Sous-Titrée en Français & Version Originale Sous-Titrée en Anglais]

1-1 ; 1-2 ; 2-1 ; 2-2 ; 3-1 ; 3-2 ; 4-1 ; 4-2 ; 5 ; 6-1 ; 6-2 ; 7 <3 ;
8 ; 9 ; 10 ; 11 ; 12.



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Un peigne à la main, un sèche-cheveux dans l'autre, face au miroir accroché à la porte du placard, Tooru Kouno observait discrètement le jeune homme qui partageait sa chambre. Ses affaires de toilette à la main, la serviette entourant son cou tombant négligemment sur son torse, ses longs cheveux blonds retenus par un élastique, Yuujirou Shihindorou se rendait à son tour à la salle de bains réservée aux Princesses.

Suite à un accident causant la perte de ses parents, Tooru avait été recueilli par son oncle et sa tante. Mais quelques mois plus tôt, il avait décidé de changé de lycée, afin d'échapper à l'amour étouffant que lui vouait sa cousine. Il avait donc été transféré en cours d'année dans un internat pour garçons, Fujimori, une école très réputée pour ses élites. Mais dès son arrivée, le jeune homme avait dû faire face à ses coutumes plutôt inhabituelles et extravagantes.

Il avait fait la connaissance de Yuujirou Shihindorou et Mikoto Yutaka, et s'était immédiatement lié d'amitié avec eux.
L'un avait de longs cheveux blonds, des yeux noisettes aux reflets d'or, un visage fin et un corps parfaitement élancé, l'autre une chevelure d'un roux éclatant, des yeux sombres couleur feu, un caractère qui se voulait fier et rebel mais qui pourtant dissimulait une âme tendre d'enfant, et le dernier des cheveux courts d'un noir de jai aux multiples reflets bleutés, des yeux d'une intense couleur turquoise, un sourire d'ange et un caractère bienveillant et protecteur ; le trio était composé par les plus attirants et séduisants adolescents de l'école. Pour cette raison, ils avaient été nommés au poste de Princesses.
Ce travail assez spécial consistait à adopter une allure féminine [coiffure, vêtements & gestes] lors de divers évènements tels que les compétitions sportives ou les différents spectacles afin de soutenir et d'encourager les participants blasés par la seule présence de la gente masculine au sein du lycée. En compensation, le coût des uniformes scolaires, des fournitures et des repas étaient pris en charge tout au long de l'année; de plus, pour des raisons de sécurité, les Princesses disposaient de chambres à part et d'une salle de bains privée. Mikoto avait sa propre chambre, Yuujirou et Tooru se partageaient la leur.
D'abord réticents à l'idée de se ridiculiser durant une année entière, ils s'étaient vite pris au jeu et enfilaient désormais leurs costumes avec joie chaques matins. Seul Mikoto n'approuvait pas encore totalement leurs activités et contestait régulièrement les directives, pour la simple bonne raison qu'il était terrifié à l'idée que sa petite amie apprenne un jour son rôle dans l'enceinte de l'école. Mais ses deux amis le rappelaient toujours à l'ordre, et il n'avait d'autre choix que d'accomplir sa tâche quotidienne.

Ce jour-là avait été particulièrement éprouvant, autant sur le plan physique que psychologique: comme chaque jour, avant d'aller en cours, les Princesses avaient dû se rendre à une dizaine d'entraînements sportifs différents, ainsi qu'aux quelques activités culturelles comme le club informatique ou encore la chorale. Et la sortie des cours, au lieu d'être libératrice, s'était avérée... bouleversante: Sayaka, la cousine de Tooru avait en effet fait irruption dans l'enceinte de l'école dans le but de ramener l'homme qu'elle aimait éperdument chez elle, et Yuujirou n'avait trouvé d'autre moyen de l'en dissuader que d'embrasser passionément le jeune homme en question. Finalement, la jeune fille était partie précipitemment, et Tooru, sous le choc, avait fait comme si rien ne s'était passé durant le reste de la soirée.

Il débrancha le séchoir et se regarda dans le miroir, repensant encore et encore à ce baiser qui l'avait bouleversé.
À quoi pensait son ami? Il ne s'imaginait tout de même pas qu'il y avait été insensible? On n'embrasse pas les gens comme ça..

Il sursauta au retour du blond, et gêné, fit mine de se coucher. Il s'étendit sur son lit, et l'observa encore une fois à la dérobée. Il portait un boxer noir et un large T-shirt de la même couleur, qui mettait en valeur ses cheveux d'or qu'il détacha, les faisant danser sur ses épaules. Troublé, le brun se força à fixer le matelas du lit superposé au sien.
Yuujirou, quant à lui, s'assis à même le sol, les yeux fixés sur son ami, indécis. Il admirait sa svelte silhouette, en partie cahée par un T-shirt blanc bien trop grand pour lui,son visage fin et androgyne, ses mèches aux teintes marines tombant sur son front, ses lèvres si fines et attirantes..
Il ne savait pas s'il devait se féliciter d'avoir enfin réussi à l'embrasser ou, au contraire, s'il devait le regretter.
Par peur de gâcher leur sincère amitié, il n'avait jamais osé lui avouer ses sentiments, pourtant, cette après-midi, lorsqu'il avait compris la raison de la venue de Sayaka, il avait été pris de panique: c'était SON Tooru, il était hors de question que quelqu'un le lui enlève. Il avait alors agit instinctivement, oubliant toutes précautions vis-à-vis de leur amitié. Il se doutait que le brun avait été choqué, mais il ne l'avait pas repoussé pour autant.. Que devait-il en déduire? Était-ce le coup de la surprise qui avait anéanti ses réflexes, ou ressentait-il la même chose que lui?
De toute façon, ce qui était fait était fait ; il ne pouvait plus revenir en arrière, alors autant avancer et savoir une bonne fois pour toutes, quelles qu'en soient les conséquences. Silencieusement, il prit une profonde inspiration.
"Tooru.."
C'était déjà un bon début. La gorge nouée, le coeur battant, il attendit.
Étonné par le ton presque suppliant du jeune homme, l'interpelé se leva et ses yeux croisèrent son regard incertain et anxieux. Jamais le jeune brun n'avait ressenti autant de sentiments mélangés. Il avait l'impression d'être pris dans un tourbillon, sans savoir que faire. Il brûlait d'envie de le serrer dans ses bras, de le rassurer, de l'embrasser, de se noyer dans les profondeurs des ses yeux, et pourtant, il ne bougeait pas. Peut-être ne voulait-il que s'excuser, inutile de prendre ses rêves pour la réalité.
"Tu.. Ça.. Euh.. Ça t'a plu?"
Son coeur fit un bond dans sa poitrine. Où voulait-il en venir? Et si ce n'était qu'un test destiné à juger la solidité de leur amitié? Perdu, il ne répondit toujours pas.
Le brouhaha qui régnait dans les couloirs s'apaisait, les étudiants regagnaient tour à tour leur chambre.
Face au silence qu'il jugea très explicite de son vis-à-vis, Yuujirou sentit sa gorge se serrer et ses yeux devenir humides. La peur lui lacérait le coeur. Il avait été stupide d'imaginer un instant que Tooru puisse l'aimer, à présent, tout était gâché par sa faute! Il était persuadé que désormais le brun allait l'éviter autant que possible, il allait même certainement demander l'autorisation de s'installer dans la chambre de Mikoto..
Perdu et paniqué, il se leva, s'approcha de lui, s'accrochant désespérément à ses épaules, les larmes ruisselant sur ses joues.
"Je t'en supplie, ne me laisse pas! Excuse-moi, je n'aurais jamais dû t'embrasser mais.. j'ai eu peur.. Gomen! Mais ne m'abandonne pas.."
Perplexe, Tooru le regarda un instant, de plus en plus désorienté. S'il pleurait.. S'il avait eu peur.. Cela voulait dire que.. qu'il devait prendre ça comme une déclaration? Ce baiser n'était donc pas insignifiant..
Submergé par une vague d'amour et de tendresse, il s'apprêtait à l'embrasser quand la porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer un Mikoto visiblement épuisé, une feuille d'exercices à la main.
"S'il vous plaît, aidez-moi!! J'y comprends rien et je ne trouve pas Akira! Je suis allé au conseil des élèves mais.."
Il s'interrompit soudain, prenant conscience qu'il n'arrivait pas vraiment au moment idéal. Yuujirou s'éclipsa rapidement. Il avait presque cru que Tooru allait l'embrasser, mais il avait dû se tromper. Il l'avait définitivement perdu..
Ahuri, le jeune roux le regarda partir en courant, les joues baignées de larmes. Il se tourna vers Tooru qui ne bougeait pas, l'air véritablement dépassé par les évènements.
"Euh, Mikoto-kun, gomen, ce n'est pas vraiment le moment..
- ... Si ça a un quelconque lien avec ce qu'il s'est passé tout à l'heure, je vais vous laisser régler ça tout seuls, je vais continuer de chercher Sakamoto-sama!"
Il s'esquiva à son tour, laissant Tooru seul dans la chambre. Celui-ci réfléchit un court instant. D'après sa réaction et ce que lui avait dit Yuujirou, il était persuadé qu'il l'aimait. Et lui.. Lui aussi, bien sûr. Il l'aimait, et il n'avait même pas été capable de le lui avouer, ni de le consoler.. Se maudissant intérieurement, il sortit en hâte de la chambre, bien décidé à le retrouver. Il passa de longues minutes à le chercher en vain dans tout le bâtiment, lorsqu'il l'aperçut enfin dans le parc, recroquevillé sur lui-même, les bras serrant ses genoux contre sa poitrine, le corps secoué de sanglots.
Tooru le rejoignit lentement. Il s'agenouilla à ses côtés, et l'enlaça tendrement, le berçant doucement pour apaiser ses pleurs. Il approcha sa bouche de son oreille et lui murmura d'une voix réconfortante:
"Ne pleure pas, Yuujirou.. Je t'aime."
Surpris, celui-ci leva les yeux vers lui, le regard plein d'espoir. Attendri, Tooru pris ses mains dans les siennes et effleura délicatement ses lèvres.
"Tooru..
-Je ne t'abandonnerai pas, Yuujirou. Jamais. Je te le promets."
Il s'écarta de lui et l'aida à se relever.
"Tooru.. Je t'aime tellement.."
Silhouettes perdues dans la nuit, seuls sous les étoiles qui luisaient par milliers dans le ciel, ils s'enlacèrent amoureusement, et leurs lèvres se scélèrent de nouveau en un baiser passionné.
"Il est tard, il vaudrait mieux rentrer. Viens."
Le jeune blond se laissa entraîner, sa main ne quittant pas la sienne. Était-ce un rêve?
Les couloirs étaient déserts ; malgré la tiédeur de cette nuit d'été, les balades nocturnes n'étaient pas autorisées, et rares étaient ceux qui osaient défier les consignes.
Une fois dans leur chambre, Tooru essuya délicatement les dernières traces de larmes du visage de son amant et l'attira sur son lit.
Ils s'enlacèrent tendrement, et s'endormirent ainsi.

Le lendemain, ils se levèrent tôt, comme l'exigeait leur travail. Exceptionnellement, Mikoto ne venait pas avec eux ce jour-là: il suivait des cours de rattrapage destinés à l'aider à améliorer ses notes catastrophiques, ce qui ne l'enchantait pas plus que de jouer les Princesses.
Ils s'apprêtaient à se rendre dans la salle qui leur servait de vestiaire quand un élève de deuxième année les rattrapa en courant.
"Shihindorou-kun, tu as un appel de ta famille!
-Pars devant, je te rejoins vite!"
Après un bref et discret baiser, le blond se précipita vers le combiné le plus proche.
Tooru quitta le dortoir sous les regards admiratifs des élèves déjà réveillés, et poussa la porte de la salle. Leurs costumes attendaient, posés entre les perruques et le maquillage.
À sa grande surprise, seul le président du conseil des élèves était présent.
"Arisada-san.. Natashou-senpai n'est pas ici?
-Non, aujourd'hui, c'est moi qui suis chargé de vous habiller."
Il lui intima l'ordre de se dévêtir.
"Shihindorou-kun n'est pas avec toi?
-Il a reçu un appel de sa famille, il viendra après.
-Je vois. Et Yutaka-kun est en cours de rattrapage, il me semble.
-Oui, c'est ça.
-Nous sommes donc seuls, tous les deux.. Dis-moi Kouno-kun, quelle genre de relation entretiens-tu avec Shihindorou Yuujirou?"
Il l'aida à enfiler son chemisier et sa jupe. Occupés, ils ne virent pas le blond qui s'était arrêté derrière la porte, écoutant attentivement leur conversation.
Surpris par cette question inattendue, Tooru parvint de justesse à bafouiller une réponse qui se voulait convaincante.
"Euh.. Il n'y a rien.. Absolument rien entre nous.. Nous sommes amis, c'est tout!
-Amis? Vraiment? Pourtant, hier soir, je vous ai vus vous embrasser dans le parc.. Il me semble que ce n'est pas là un comportement purement amical.." ajouta-il, le fixant d'un air soupçonneux.
Retenant son souffle, Yuujirou attendait la réponse. S'il l'aimait vraiment, il le dirait, il en était certain.
Mal à l'aise, Tooru lui répondit avec un sourire gêné:
"Oh, hier! Je... Il... Il n'allait pas très bien, et c'est tout ce que j'ai trouvé pour lui changer les idées.. Mais il n'y a rien, absolument rien de plus que de l'amitié entre nous!" Arisada le fixait à présent avec un regard avide, un sourire satisfait dessiné sur ses lèvres.
"Bien. Tant mieux!"
Décontenancé, Tooru le vit se rapprocher dangereusement de lui. Il le plaqua contre un mur, une main posée fermement sur ses hanches pour l'empêcher de fuir. Il captura ses lèvres, sa langue jouant fougueusement avec la sienne. Sa deuxième main se faufila sous sa jupe, et remonta lentement entre ses jambes, le long de ses cuisses.
Désemparé, Yuujirou se laissa tomber à genoux, son regard ne pouvant se détacher de la scène qu'il avait sous les yeux. Il avait nié leur relation.. Et.. il.. laissait Arisada le maîtriser.. Il colla furieusement ses mains sur ses oreilles, étouffant les gémissements de surprise de Tooru.
La main enserrant fermement la fierté du jeune homme, Arisada libéra enfin ses lèvres et le regarda se cambrer légèrement en arrière à son contact. Son autre main, qui le maintenait toujours contre le mur, remonta derrière sa nuque, et le força à plonger ses yeux dans les siens.
"Quoi qu'il en soit, je ne veux plus te voir toucher ou embrasser cet homme, compris? Tu es sous mon contrôle, tu le resteras. De toutes façons, il ne sera jamais à la hauteur du plaisir que je peux t'apporter."
Complètement désorienté et troublé par son désir grandissant, Tooru acquiesca faiblement.
Un sourire victorieux étirant ses lèvres, le président relâcha son étreinte et fit glisser ses vêtements à terre. Avec des gestes sûrs, il allongea le jeune homme nu à ses pieds, à même le sol, et s'agenouilla entre ses jambes écartées. Après un rapide baiser dépourvu de douceur, ses doigts serrèrent sa gorge, et sa paume plaqua violemment son torse contre les dalles froides du carrelage. Sa deuxième main descendant vers le bas-ventre de l'élève, il pris sa virilité dans sa bouche, entamant un frénétique vas-et-viens.
Réprimant difficilement son envie de vomir, le jeune blond, les yeux toujours fixés sur les deux hommes, ne parvenait plus à ignorer les gémissements de plus en plus sonores de celui qu'il croyait être son amant. Ainsi, il n'avait été.. qu'un jouet la nuit dernière.. Il se sentait trahi, perdu. Des larmes de rage et de désespoir coulaient le long de ses joues.
Arisada savoura le liquide tiède qui glissa dans sa gorge et se redressa. Il s'assit à califourchon sur le corps fébrile de son cadet, mêlant ses doigts dans ses cheveux sombres. Les yeux brillant d'une lueur perverse, il le regardait, cherchant l'air qui manquait à ses poumons, haletant ; ses mains caressaient à présent son corps encore brûlant de désir.
Finalement, il passa sa langue le long de ses lèvres, le mordillant un peu au passage, et se releva.
Reprenant difficilement son souffle, son vis-à-vis se redressa à son tour, les jambes tremblantes, sous le choc.
"Dépêche-toi de te rhabiller, Shihindorou-kun ne devrait pas tarder; je ne voudrais pas te voir embarrassé par ma faute s'il te voyait ainsi.." Il lui adressa un sourire malin, et ne le quitta plus des yeux.
Retrouvant peu à peu ses esprits, Tooru s'habilla et se maquilla en hâte.
Essuyant courageusement ses larmes, ravalant ses sanglots, Yuujirou se leva avec peine, les genoux endoloris, et entra dans la salle. Il salua Arisada, et se prépara hâtivement, ignorant la présence de la deuxième Princesse, qui s'activait pour dissimuler sa gêne.
Lorsqu'ils fûrent prêts, ils sortirent encourager leurs camarades, sans s'adresser la parole de la journée ; Yuujirou était bien décidé à ne jamais lui pardonner sa trahison, et Tooru gardait le silence, de peur que le blond ne devine ce qu'il s'était passé avant son arrivée.
Il ne mit pas longtemps à se rendre compte que, malgré son attitude qu'il jugeait habituelle, le jeune blond l'évitait royalement. Effrayé à l'idée qu'il ait malgré tout découvert sa trahison, il préféra faire mine de ne pas remarquer la distance qui s'établissait entre eux. Il était conscient que leur relation se désagrégeait lentement, mais il était impuissant et ne pouvait rien y changer.

Mais, quelques jours plus tard, son oncle appela. Il lui appris que sa fille avait trouvé un petit-ami, et que, par conséquent, il ne risquait plus rien: il lui demandait donc de revenir habiter chez eux et de retourner dans son ancienne école.
Ne sachant que choisir, il décida d'en parler à Yuujirou. Il fallait mettre officiellement un terme à leur relation, ainsi il pourrait rentrer. Cette idée l'attristait, mais il préférait ne plus voir son amant que de subir son indifférence à longueur de journée.
Le soir même, il lui rapporta la conversation qu'il avait eu avec son oncle.
"Rentre chez toi."
La voix froide et tranchante s'éleva du lit en hauteur.
Sonné, Tooru, lui demanda enfin de lui expliquer ce qu'il se passait, les raisons de ce brusque changement de comportement à son égard alors qu'ils étaient tout de même sensés sortir ensemble.
Hors de lui, Yuujirou descendit furieusement de son lit et se planta devant lui, le foudroyant du regard.
"Arrête!! Arrête de jouer la comédie!!! Je sais très bien que tu me mens depuis le début!! Tu m'as dit que m'aimais, et je t'ai cru!! Tout ça pour t'entendre avouer à Arisada-san le lendemain que je n'étais rien pour toi!! Et puis.. Après.. Tu.. Vous.."
Il fondit en larmes, et hurla:
"CASSE-TOI!! Tu me dégoûtes!! Je ne veux plus jamais te voir!! PLUS JAMAIS!!"
Horrifié, Tooru le vit remonter sur son lit, et essayer d'étouffer en vain ses sanglots, la tête enfouie dans son oreiller.
Il savait.. Il les avait vus..
"Yuujirou.."
Comment avait-il pû être aussi stupide?!! Il aimait ce jeune homme, c'était certain, inutile de le cacher. Sous l'effet de la suprise, il avait été incapable de résister à Arisada, mais s'il lui avait dit la vérité dès le début, rien de tout cela ne serait arrivé..
Se maudissant intérieurement, il se rappela qu'il avait promis à son amant de ne jamais l'abandonner.. Comment avait-il pu le faire souffrir ainsi?! La colère semblait prendre possession de tout son corps ; chaque parcèle de son être frémissait de rage. Il se rua hors du dortoir, et se rendit en courant au bureau du conseil des élèves, bousculant au passage quelques élèves stupéfaits. Seul Arisada travaillait encore à cette heure tardive.
Tooru se jeta sur lui, martelant son torse de coups de poing rageurs en hurlant:
"Comment as-tu pû me faire ça?!! JE TE HAIS!! Je n'aime et je n'aimerai toujours QUE Yuujirou! À cause de toi, tout est fini!! Pourquoi?? POURQUOI??"
L'homme tentait de le repousser, bien qu'il n'ait pas l'air étonné par son comportement.
"Tu es le seul responsable de ce qui t'arrive, Kouno-kun. Si tu m'avais dit cela avant, ou même si tu m'avais repoussé, j'aurais compris et tu n'en serais pas là."
Son ton calme et ses paroles criantes de vérité ne firent qu'augmenter sa fureur.
"Ne t'approche plus de moi!!
- Si tu es sûr que c'est ce que tu veux, alors nous n'aurons plus de relations.. disons, indécentes. Mais tu es vraiment attirant et séduisant.. Si tu changes d'avis, je..
- NOON!! J'aime Yujirou! Je ne le trahirai plus jamais!!
- ... Bien. Puisque le problème est réglé, aurais-tu l'amabilité de me laisser poursuivre mon travail, Kouno-kun?"
Surpris par sa victoire, le jeune homme mit un certain temps avant de s'en aller et de retourner se coucher. Il traversa les couloirs déserts cette fois-ci, et rentra dans sa chambre. Il alluma la lumière, et vit le jeune blond endormi, son oreiller serré contre lui. Il se hissa tant bien que mal à sa hauteur, caressant ses longs cheveux soyeux et ses joues encore humides, et lui murmura:
"Yuujirou.. Je t'ai promis que je ne t'abandonnerai jamais, je tiendrai ma promesse. Pardonne-moi de t'avoir fait souffrir.. Je t'aime. Et je ne laisserai plus personne s'immiscer entre nous."
Il glissa furtivement ses lèvres sur les siennes, éteignit la lumière et se coucha. Il s'était passé tellement de choses ces derniers jours.. Il se tourna vers la fenêtre, admirant la lune qui baignait le paysage d'une douce couleur pâle. Est-ce que le jeune blond lui pardonnerait? Il soupira. La vie est parfois tellement compliquée..
Quelques secondes plus tard, son amant se leva et descendit de son lit pour se poster devant lui, le fixant de ses yeux de nouveau plein de larmes, percées cependant par une faible lueur d'espoir. Tooru l'attira contre lui et l'embrassa amoureusement.
"Je t'aime, Yuu-chan, et tu resteras l'unique personne dans mon coeur."
Rassuré par ses paroles et ses gestes tendres, Yuujirou ôta leurs T-shirts et caressa son corps, ses mains glissant le long de son cou, de son torse jusqu'à son bas-ventre, ses lèvres effleurant parfois sa peau nacrée. Se laissant guider par leur désir grandissant, ils se dénudèrent complètement, et redoublèrent de caresses et baisers d'abord timides, puis passionés.
Leurs fiertés se frôlaient, accentuant leur envie ; leurs langues se mêlaient, encore et encore, se cherchant avidement avec amour.
Le jeune blond lécha brièvement la virilité de son amant, l'incitant à s'abandonner à lui, glissa ses doigts vers son entrée, le préparant avec lenteur et tendresse à sa présence, malgré son désir pressant et impatient, et enfin le pénétra. Doucement, amoureusement, il commença un vas-et-viens de plus en plus rapide, une main posée délicatement sur ses hanches, l'autre serrant celle de son vis-à-vis. Leurs bassins dansaient en un même rythme saccadé, les rendant ivres de désir. Submergé par une vague de plaisir, Tooru se cambra, le souffle court, ses gémissements d'extase se mêlant à ceux de son amant.
À cet instant, ils ne faisaient plus qu'un. Tout semblait flou autour d'eux, plus rien d'autre ne comptaient.
La lune baignait d'une lumière complice ces deux silhouettes, ces corps aux lignes parfaites qui se mouvaient sensuellement l'un contre l'autre, l'un en l'autre.
Vidés de leurs forces, ils se séparèrent ; Yuujirou se laissa tomber aux côtés du jeune brun, sa main toujours dans la sienne.
Leur respiration redevenait calme peu à peu. Fatigué mais aux anges, Tooru colla de nouveau son corps contre celui du blond, mêlant leurs jambes, et lova sa tête au creux de son cou. Son amant passa sa main dans ses cheveux avec délicatesse, écartant quelques mèches qui tombaient sur son front.
"Fais de beaux rêves, Tooru. Je t'aime."
Les lèvres de l'interpelé s'étirèrent en un sourire ravi.
"Arigato.." Il s'endormit sous le regard protecteur de Yuujirou. Sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration, son sourire encore gravé sur ses lèvres, ses longs cils dessinant des ombres sur ses joues, il ressemblait à un ange.
Demain, il devrait annoncer sa décision à sa famille. Et ensuite.. ils cacheraient probablement leur relation aux autres étudiants afin de ne pas nuire à l'image des Princesses, mais dès qu'ils seraient en deuxième année, ils n'auraient plus aucune raison de se chacher.
Tooru se serra un peu plus contre lui dans son sommeil. Attendri, Yuujirou posa tendrement ses lèvres sur les siennes, prenant soin de ne pas le réveiller.
Inutile de se soucier du futur maintenant, autant profiter de l'instant présent.
Il s'endormit à son tour, bercé par la respiration lente et régulière du jeune brun.



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# Posté le jeudi 05 juillet 2007 08:27

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 10:56

_ Freiheit _

_ Freiheit _
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Tell me now, tell me how
I need to know
Tell me now, tell me how
I need to know how it feels, how does it feel
How does it feel


' Okay les mecs, c'est bon pour aujourd'hui ! '
Suivant l'exemple de Strify, leur leader, les quatre musiciens arrêtèrent de jouer et se hâtèrent de ranger leur matériel.
Il était déjà tard, la répétition avait duré bien plus longtemps qu'initialement prévu.
Sans un mot, Yu rangea sa guitare dans la voiture de Luminor, garée devant la salle, et s'attarda dans la nuit fraîche.
Il leva les yeux vers le ciel scintillant d'étoiles, perdu dans ses pensées.
Les discussions des quatre autres membres du groupe lui semblaient étrangement lointaines, pourtant, seule la lourde porte en métal entrebâillée les séparait de lui.
D'ordinaire si calme et enjoué, le jeune homme paraissait contrarié.
Sûrement le stress de la tournée qui approche, se disait-il.
Ils avaient préféré leur ancienne salle de répét' à celle que leur équipe de production avait mise à leur disposition, comme pour se forcer à ne pas se détacher de la réalité, à ne pas se laisser emporter par la vague de succès qu'ils suscitaient désormais à travers une grande partie de l'Europe. Beware ! It's so contagious.
Yu s'éloigna encore des rires de ses amis qui ne semblaient pas remarquer son absence.
Tout se passait tellement vite en ce moment..
Il se rappela leur rencontre, deux ans plus tôt. Chacun d'eux développant un intérêt sans borne aux mangas, à la musique et au visual kei, l'idée de former un groupe s'était aussitôt imposée à eux. Après un léger relooking, le choix des pseudos et, enfin, la trouvaille d'un nom de groupe, les Cinema Bizarre s'étaient de suite mis à composer, rapidement aidés par toute une équipe qui avait immédiatement cru en eux. Les musiques, les paroles qu'elle leur proposait correspondaient tellement à leurs attentes qu'en choisir seulement quatorze pour le premier album avait relevé du défi.
Aujourd'hui, après le véritable carton du clip et du single de LoveSongs - They Kill me, et la sortie de leur premier album, Final Attraction, classé directement neuvième des meilleures ventes, leur carrière s'était littéralement envolée, et chacun avait du mal à redescendre sur terre.
Bien qu'ils aient déjà joué en live pour diverses émissions télé, l'approche d'une tournée les excitait tout en les apeurant un peu. Pourtant, au fond de lui-même, Yu était persuadé que le stress n'était pas l'origine de ses tourments. Mais alors, qu'est-ce que c'était ?
Il s'était arrêté au bord de la petite route qui reliait le village avoisinant à l'agitation nocturne de Berlin, une heure de route plus loin. Assis à même le sol caillouteux, la tête renversée en arrière, le vent glacé caressant son visage, faisant danser ses cheveux d'un noir de jais parsemés de mèches rouge vif, il réfléchissait.
Tout allait bien, il n'avait aucune raison de ne pas être d'excellente humeur ..
Son rêve était désormais à portée de main ; il pourrait vivre de sa musique comme il l'avait toujours souhaité ; il recevait chaque jour une multitude de lettres de ferventes admiratrices ; ce soir même, tout comme ceux d'avant, il n'aurait aucun mal à persuader une charmante demoiselle de partager sa nuit .. et pourtant, il était tout à fait incapable de se mêler aux rires de ses amis. Même cette dernière idée qui, habituellement, lui redonnait immédiatement confiance en lui ne lui était d'aucun réconfort.
Baigné par le halo de la lune, il restait indécis. L'approche d'une voiture le tira de ses pensées.
Il entendait une musique se rapprocher, sans pouvoir l'identifier.

ACHTUNG, FERTIG, LOS UND LAUF ! Vor uns bricht der Himmel auf ; wir schaffen es zusammen übers Ende ..

La voiture le dépassa, et la voix des filles déchaînées dansant sur les sièges arrière et reprenant en choeur le refrain s'éloigna au loin, le silence de cette nuit d'automne reprenant ses droits sur les environs.
Yu n'eût aucun mal à deviner la suite des paroles, pour les avoir entendues des centaines et des centaines de fois sur toutes les fréquences radio du pays. Il se releva soudainement et donna un coup de pied rageur dans une bouteille en plastique abandonnée sur les bords de la route, dispersant quelques graviers qui roulèrent un peu plus loin.
'Tokio Hotel .. ' Un rictus de dédain fit frémir ses lèvres.
Tokio Hotel ; quatre gamins qui avaient conquis l'Europe sans le moindre mal par leur musique et leurs textes en Allemand.
Quatre gamins qui représentaient à présent la base de comparaison de tous les nouveaux groupes allemands au succès grandissant.
Combien de fois durant ces derniers mois les cinq artistes avaient été comparés à eux ?
Les deux groupes étaient pourtant tellement différents .. Depuis leur musique rock electro à leurs textes en anglais, sans parler de leur style, directement inspiré du Visual kei japonais, Cinema Bizarre et Tokio Hotel n'avaient absolument rien en commun, si ce n'est leur nationalité.
Mais cela ne semblait pas déranger les médias le moins du monde. Ils s'impatientaient même de savoir si oui ou non les TH allaient être détrônés, ou au contraire si les CB plongeraient rapidement dans l'oubli, après le succès éphémère d'un premier album.
Certes, les quatre jeunes hommes n'y étaient pour rien dans ce cirque médiatique, mais Yu ne pouvait s'empêcher d'éprouver un profond ressentiment envers eux.
Surtout Tom, d'ailleurs. Ce garçon-là l'exaspérait encore plus que les trois autres.
Il rejoignit ses amis qui s'apprêtaient à fermer la salle, et s'installa sans un mot dans la voiture, laissant Kiro, Shin et Strify se partager la banquette arrière. Respectant son apparente mauvaise humeur, personne ne chercha à entamer la conversation.
Le trajet se passa dans un calme presque pesant.
Les trois jeunes blonds s'étant endormis, Luminor se risqua enfin à rompre le silence.
' Allez, raconte. Qu'est-ce qui va pas ?
- ...
- Ok, laisse-moi deviner . Y aurait-il un quelconque rapport avec un certain .. Tom ? '
Brutalement arraché à ses idées noires, le jeune brun retint à grand peine une exclamation de surprise.
' Euh .. Je ne me rappelle pas connaître une personne de ce nom ..
- Connaître, connaître, c'est un grand mot. C'est vrai que vous n'êtes pas encore intimes.
- ><?
- Tom Kaulitz, je suis sûr que ça te dit quelque chose .. Allez, raconte !
- ... Alors là, tu n'y es pas DU TOUT ! Et puis, de toute façon, je vais très bien !
- Si tu crois que ta réaction à chaque fois que quelqu'un parle de lui m'échappe, tu te trompes royalement. Et tu fais la gueule depuis ce matin, quand tu m'as accompagné au bureau de tabac pour que je m'achète des clopes ..
- .. Je vois pas le rapport .
- Mais si, tu sais, ta bonne humeur a disparu à l'instant même où tu as posé les yeux sur la photo de Tom et sa nouvelle conquête en couverture d'un magazine ..
- Mais tu dis N'IMPORTE QUOI ! Arrête d'être parano ! Je pensais que tu me connaissais mieux que ça ! Comme si je m'intéressais aux mecs ..
- Hey, je me suis juste dit que tu lui en voulais de te faire de la concurrence auprès des filles ..
- ... Ah ... ><' '
Vexé, Yu lui tourna ostensiblement le dos, ne sachant quoi dire pour se sortir de cette situation délicate, sans remarquer le sourire sarcastique de son aîné.
' De toute façon, j'en ai ras le bol de Tokio Hotel ! Tout le monde ne parle que d'eux, et les médias s'acharnent à trouver des prétextes pour nous comparer, c'est EXASPÉRANT !
- T'exagères pas un peu, là ? Tant mieux pour eux s'ils ont autant de succès. Je pense qu'ils le méritent vraiment. Mais on entend de moins en moins parler d'eux. Quant aux médias .. On s'en fout pas mal ; si ça les amuse ..
- Mouais. Et Tom, je le SUPPORTE PAS ! T'as raison, toutes ces filles à ces pieds, ça m'énerve ! C'est pas que je suis jaloux, hein ! Moi aussi je peux séduire autant de ladies que je veux.. ça m'énerve, c'est tout. '
Luminor s'était garé devant l'immeuble des trois colocataires. Agacé par sa moue sceptique, Yu récupéra sa guitare et s'éloigna à grands pas, prenant soin de claquer le coffre de toutes ses forces.
Réveillés en sursaut, les trois blonds le regardèrent s'éloigner dans la nuit, ahuris.
Reprenant peu à peu ses esprits, Strify fixait Luminor dans l'attente d'une explication.
' Bordel, mai qu'est-ce qui lui prend !! Il m'a fait flipper ! '
Il fut surpris de voir un sourire triomphal étirer ses lèvres.
Yu disparut dans le hall.
' Lum', si tu pouvais nous expliquer ce qu'il se passe ..
- Ah ouais, bonne idée ! Raconte ..
- Eh bien .. Il semblerait que notre petit Yu .. comment dire .. ne soit pas insensible à une certaine personne. '
Ses paroles et son air énigmatique achevèrent de les réveiller.
' QUOI ?!! Yu ? Tu plaisantes .. Qu'est-ce qui te fais dire ça ? Et c'est quoi cette mine réjouie ?
- Il me semble que c'est la première fois qu'il ne se rend pas en boîte ou dans un bar pour draguer après une répèt' ..
- Ah oui, tiens .. Mais alors, c'est vrai ?! C'est qui ???
- J'imagine que vous le saurez en temps voulu. En attendant, sans vouloir vous foutre dehors, j'aimerais bien moi aussi rentrer chez moi .. '
Réalisant seulement qu'en effet, la voiture était immobilisée depuis un moment, les trois jeunes gens sortirent précipitamment et le saluèrent, confus, avant de se diriger vers leur appart'.
' Vous pensez que c'est vrai ?
- Je sais pas trop. On parle de Yu, quand même ..
- Hum .. En tout cas, même si c'est vrai, ça doit pas être réciproque, vu son humeur ..
- Schon klar !
- Et Luminor a raison, même quand il est d'une humeur massacrante, il ne passe jamais la nuit seul ..
- Ouais, Bizarre.
- Une chose est sûre, je ne me risquerai pas à lui demander !
- Moi non plus !! '
Imaginant sa réaction à une question pareille, ils partirent d'un fou rire incontrôlable, au grand damn des habitants de l'immeuble.
Une fenêtre s'ouvrit, et Shin reçut un oreiller en pleine tête, ce qui fût loin de les calmer. Ils se ruèrent dans le hall, à l'abri des oreillers volants.
' Ils n'ont vraiment pas d'humour ! C'est pas comme si c'était minuit passé ..
- Strify .. Il est 2h ..
- Oups .. ^^' '
Ils tentèrent donc de rejoindre leur appart' en silence, accompagné d'un Shin hilare qui ne leur facilitait pas la tâche.


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Le jeune dreadé se glissa furtivement dans la chambre de son frère endormi.
Réprimant une malicieuse envie de lui enlever le nounours qu'il lui avait acheté pour ses 18 ans et dont il ne se séparait plus la nuit, il commença à fouiller le désordre de la chambre.

Au bout d'un moment qui lui parût incroyablement long, il trouva enfin ce qu'il cherchait. Le plus silencieusement possible, il tira sur la fermeture de la pochette CD de son jumeau.
Nena, Green Day, Nena, Keane, Coldplay, encore Nena, Gwen Stefani, toujours Nena ..
Évidemment, cela aurait été trop simple. Déçu, il referma la pochette et la reposa sous la pile de fringues que son frère avait dû essayer avant de choisir quelle tenue il mettrait pour leur concert.
Il reprit ses recherches, bien déterminé à trouver ce qu'il cherchait.
Une heure plus tard, il se résolut à retourner bredouille dans sa chambre. Il avait vidé tous les tiroirs, cherché au plus profond des sacs et des valises, soulevé toutes les affaires, et même vérifié sous le lit, et .. rien.
Il allait refermer la porte lorsqu'il se rendit compte qu'il n'avait pas pensé à regarder de partout ..
Il retourna sur ses pas et poussa la porte de la salle de bains, suffocant à l'odeur de laque, de vernis et de shampooing qui régnait dans la pièce.
Un peu mieux rangée que la chambre, il aperçut immédiatement le baladeur CD de Bill, posé en équilibre précaire sur le lavabo.
Il l'ouvrit avec espoir, et ne pût retenir un soupir de soulagement.
L'album de Cinema Bizarre était là.
Il hésita un instant à emmener également le baladeur, puis décida de n'emporter que le CD, par souci de discrétion. Il remplaça l'album par le dernier de Nena, puis après s'être assuré qu'aucun détail ne pourrait trahir son intrusion, il retourna se coucher, prenant soin de ne pas faire de bruit dans le couloir de l'hôtel. Mais à peine avait-il fermé la porte que le portable de son frère se mit à sonner. D'après le grognement agacé provenant de l'intérieur et la lumière qui filtra à sous la porte, le blond déduit que Bill s'était réveillé. N'osant pas bouger de peur de révéler sa présence, il attendit patiemment que ce dernier se recouche et courut se réfugier dans sa propre chambre, le coeur battant la chamade.
Une seconde de plus et il se faisait lamentablement griller.
' Pffiouw, j'aurais pas été dans la pigwash s'il m'avait vu .. '
Il sortit son vieux baladeur et y glissa le CD, un sourire triomphal sur le visage, et se coucha enfin.
Il s'amusa à imaginer la tête de son frère s'il venait à découvrir que son jumeau lui piquait en douce Final Attraction, lui qui d'ordinaire n'écoutait que du rap.
Il se pelotonna dans les couvertures, enfonça confortablement sa tête dans les oreillers m½lleux à souhait, et positionna les écouteurs dans ses oreilles, se laissant envahir par la mélodie, un sourire de bien-être aux lèvres.
Cette soirée avait été le dernier concert de leur tournée, et dès le lendemain, ils pourraient enfin profiter d'un repos bien mérité. Les concerts étaient, certes, des moments d'intense bonheur, mais ils n'en étaient pas moins éprouvants.
Et ces vacances leur permettraient enfin de revoir famille et amis ..
Tout allait donc pour le mieux.

Tom avait même osé emprunter à son frère le CD qui le faisait rêver depuis quelques temps.
Il se délectait à présent de chaque parole, de chaque note de musique.
Surtout de guitare ..
Depuis qu'il avait entendu parler de ce groupe et écouté LoveSongs -they kill me- pour la première fois, il attendait avec impatience la sortie de l'album. Mais lorsque Bill l'avait acheté, il s'était rendu compte que ce ne serait pas aussi facile qu'il l'avait cru : refusant d'expliquer simplement à ses amis et son jumeau que ces chansons le faisaient craquer, il avait élaboré toutes sortes de stratagèmes plus invraisemblables les uns que les autres pour se le procurer.
Heureusement, le dernier avait marché. Il avait eu raison de s'acharner, cet album était une pure merveille.
Ce changement radical de ses goûts musicaux le surprenait lui-même : il était toujours le premier à plaisanter au sujet des goûts de son jumeau ..
Am I gonna live forever ..
Better make it now or never ; Forever or Never

' Très jolie cette chanson .. '
Il les avait découverts par hasard, en zappant, il était soudain tombé sur une émission concernant les futurs Tokio Hotel. Intrigué, il avait alors écouté la présentation d'un groupe de cinq jeunes hommes d'à peu près son âge.
Yu, dont il avait ensuite appris qu'il était le guitariste, l'avait le plus charmé.
Son côté androgyne ne masquant pas pour autant sa virilité, ses mèches d'un rouge éclatant contrastant avec ses longs cheveux sombres, ses nombreux piercings et son regard impénétrable l'avait profondément impressionné.
' Je suis peut-être en train de devenir fan .. '
Bercé par The Silent Place, il s'endormit, l'image de Yu dansant encore devant ses yeux.


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Yu se tourna vers son réveil. ' Bientôt 4h .. '
Poussant un soupir découragé, il se leva sans bruit.
Il sursauta en apercevant Shin, endormi sur le canapé ; il avait complètement oublié que celui-ci ne pouvait pas dormir chez lui ce soir-là, à cause d'une panne de chauffage qui avait paralysé tout son immeuble.
Le plus silencieusement possible, il se servit un grand verre d'eau fraîche et essaya de mettre de l'ordre dans son esprit.
Sa conversation avec Luminor l'avait troublé encore plus qu'il ne l'avait été dans la journée.
Se pourrait-il qu'il soit .. attiré par Tom ?
Il secoua la tête pour chasser cette idée dérisoire et leva les yeux vers le reflet de son visage sur la vitre, en face de lui. Il se contempla un instant, les yeux plongés dans ceux du reflet, qui semblaient exprimer une détermination farouche.
Poussant un soupir, il s'avoua vaincu.
' D'accord, d'accord. Peut-être qu'il me plaît un tout petit peu .. '
Un grognement en provenance du divan lui rappela qu'il n'était pas seul. Décidé à ne pas réfléchir à voix haute, cette fois-ci, il soupira de nouveau.
Non, ça doit pas être ça, ça ne peut pas être ça !
Il regarda son reflet, comme s'il allait apporter une réponse à sa question silencieuse.
Bon. Admettons. Pourquoi ? Je le connais pas, nous n'avons visiblement aucun point commun, en dehors de notre passion pour la guitare .. Et puis, il n'est absolument pas mon style !! Pas de tour de poitrine conséquent, certainement pas de douceur ni d'élégance féminine .. Alors pourquoi ?? C'est un homme ..
Il n'avait rien contre les homosexuels, natürlich. Certains de ses amis l'étaient et cela ne lui posait aucun problème, mais le fait d'en être peut-être un alors qu'il s'était toujours pensé hétéro était pour le moins déstabilisant.
De toute façon, même si l'on se connaissait depuis toujours et si nos goûts étaient identiques, je n'aurais aucune chance : j'imagine qu'il aime trop les filles pour envisager la perspective d'être attiré par un garçon.
Il but un dernier verre d'eau, faisant taire la petite voix qui lui soufflait qu'après tout, si son propre statut de tombeur auprès des demoiselles ne l'avait pas empêché de s'éprendre d'un homme, il pouvait en être de même pour Tom, et retourna se coucher, fermement décidé à ne plus penser au jeune dreadé.

Les jours passèrent, les répétitions s'enchaînèrent, et Yu fit de son mieux pour toujours paraître de bonne humeur, même si le coeur n'y était pas toujours.
Luminor, Shin, Strify et Kiro avaient fait mine de s'inquiéter de ne plus le voir en compagnie d'une fille, mais il avait prétexté soigner son image devant leurs jeunes fans de plus en plus nombreuses.
Il n'était pas sûr d'avoir balayé leurs soupçons, mais au moins, plus personne ne revint à la charge, à son grand soulagement.
Il ne réussissait pas à chasser Tom de ses pensées, mais il était intimement convaincu que le temps s'en chargerait.
Malheureusement, son espoir retomba rapidement.
Un soir, un appel de leur manager leur apprit qu'un journaliste français désirait écrire un article exclusif, comprenant une présentation du groupe suivi d'une entrevue Cinema Bizarre / Tokio Hotel, dans le but de faire le point une bonne fois pour toutes sur leurs similitudes et différences ( et accessoirement satisfaire les fans communes aux deux groupes ).
Cette annonce fût accueillie avec joie par Strify, leur leader, qui s'empressa de faire parvenir la nouvelle à Shin et Luminor.
Tous paraissaient enchantés à cette idée, à l'exception de Yu ; accablé par ce coup du sort, il tentait vainement de trouver une excuse valable pour son absence ce jour-là.


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Réveillé par la douceur des rayons de soleil filtrant à travers les rideaux de sa chambre, Tom retira ses écouteurs. Son réveil indiquait 12h30.
Habituellement, le groupe déjeunait vers 14h, il était donc inutile qu'il prenne son p'tit dèj'.
Par précaution, il enfouit son baladeur au fond de son sac et se dirigea vers la salle de bains.
Après avoir pris une bonne douche, il rangea ses affaires et rejoignit son frère et ses amis à l'heure du repas. Bill n'avait visiblement pas remarqué la mystérieuse disparition du CD.
Pressés de rentrer chez eux, ils ne s'attardèrent pas dans la ville. Une fois rassasiés, ils chargèrent leurs affaires dans le bus de la tournée et prirent la route, direction Magdebourg.

Les jours passèrent, chacun profitant pleinement de ces rares moments en compagnie de leurs familles.
Son jumeau ne réclamant toujours pas son bien, Tom avait pris l'habitude de l'écouter chaque soir.

' Tom ! Tom !! TOM !!! '
Avant même d'ouvrir les yeux, son réflexe fût de cacher les écouteurs au fond de son lit.
' Tom !!
- Huum .. ' Bill le secouait sans ménagement dans l'espoir de le réveiller.
' Allez, debout !! C'est 13h !! '
L'interpelé daigna enfin soulever une paupière.
' Qu'est-c'qui s'passe ?
- David [ Jost ] vient de m'appeler, on a une interview dans trois jours !
- Ah .. Cool .. Attends, c'est pour ça que tu m'as réveillé ??!!
- Ben, en fait, pas seulement : Maman et Gordon sont partis au resto et je m'ennuie ; on s'fait un ping-pong ?
- Bill ..
- Ouiii ? ^_^
- Tu m'as réveillé pour me demander de jouer au ping-pong ??
- Hiii ^^' Mais aussi pour te dire que David a appelé et qu'on a une .. '
Le jeune brun n'eût pas le temps de finir sa phrase que Tom s'était rué sur lui, armé de son oreiller.
' Aaaaah ! HILFEEE !! '
La maison résonna de cris de guerre et d'éclats de rire.

Plus tard dans la journée, Tom resta ahuri lorsqu'il appris le motif de cette interview.
Heureusement pour lui, son frère était tellement excité par la nouvelle qu'il ne remarqua rien.
' Ça va être génial ! Ils ont tous à peu près notre âge, à part Luminor qui est un peu plus vieux que Georg. Ils ont un super style, une super musique .. et ils sont sûrement super sympas !!
Ce serait génial qu'on fasse connaissance, on pourrait se voir pendant les tournées, organiser des trucs ensemble ..
'
Le blond fût tenté de partager sa joie, mais se rappela juste à temps qu'il n'était pas censé apprécier ce groupe. Il se contenta donc de répondre par de vagues haussements d'épaules

Le matin de l'interview tant attendue, Tom se réveilla une heure avant la sonnerie de son réveil.
Il se leva en hâte, se servit un bol de lait accompagné des inévitables céréales et tartines de Nutella, écrivit un mot à sa mère et son beau-père pour quand ils rentreraient du boulot, et se précipita dans la salle de bains.
Après avoir pris une bonne douche et choisi sa tenue, il examina le maquillage de son frère.
Il se rappelait que celui-ci lui avait dit que l'eyeliner ferait ressortir ses yeux .. Ce qui l'avait fait rire à ce moment-là.
Mais après tout, il devait avoir raison ..
Il entreprit donc de s'en mettre ; quitte à rencontrer son désormais idole, autant se montrer sous son meilleur jour.
Satisfait du résultat, après quelques essais ratés, il retourna dans sa chambre préparer son sac.
Il y glissa son MP3, son portefeuille et ses clés, un marqueur indélébile pour la signature d'éventuels autographes, et son baladeur CD ( au cas où un cambrioleur surviendrait durant son absence ). Le minimum survie, quoi.
Il hésita longtemps à prendre son appareil photo, mais finalement, jugeant cela trop suspect, il espéra simplement que son jumeau prendrait le sien.
Enfin, n'y tenant plus, il se précipita dans la chambre de Bill, qu'il n'eût aucun mal à réveiller.
Au moment de partir, il remarqua que le jeune brun le fixait étrangement.
' Tom ..
- Hum ..
- Regarde-moi ? ' Ce dernier obtempéra.
' Neiiin ! J'y crois pas ! Tu t'es maquillé ?! '
Gagné par le rire, il sortit de la maison rejoindre leur manager qui attendait, garé devant le portail sans laisser le temps au jeune blond d'avancer une quelconque explication.


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' Yu, réveille-toi ! On va être en retard ! Allez, DEBOUT ! '
Les paroles de Kiro ne semblèrent pas avoir l'effet escompté. Le dénommé Yu ramena sa couette sur sa tête et cacha son visage dans son oreiller, étouffant un ' j'veux-pas-y-aller ' boudeur.
Incrédule, le jeune blond le regarda un instant, légèrement égaré.
Retrouvant ses esprits, il arracha avec force la couverture et la jeta au sol, puis ouvrit grand la fenêtre, laissant le froid de novembre pénétrer dans la chambre.
' Sois pas si têtu, ça sert à rien : t'as pas le choix. DEBOUT ! '
Il abandonna ainsi le jeune homme, vêtu d'un simple boxer, frissonnant sous l'effet du froid.
Il ne résista pas longtemps. Il se leva, s'habilla et referma d'un geste rageur la fenêtre. Enfin, il alla prendre son petit dèj', fermement décidé à garder son humeur exécrable toute la journée.
Ses deux colocataires semblaient prêts depuis longtemps ; Luminor et Shin étaient déjà chez eux.
Prenant soin de ne pas prendre part aux conversations enjouées de ses amis, il se concentrait sur ses oeufs/bacon, mangeant aussi lentement que possible, répétant inlassablement dans sa tête ses j'veux-pas-y-aller, comme si ces simples mots avaient le pouvoir de le sauver.
Il se rendit ensuite dans la salle de bains, et compris enfin que, quoiqu'il fasse, il ne pourrait échapper à cette maudite interview.
Restait donc un problème crucial à élucider : comment allait-il bien pouvoir s'habiller ?
Il opta pour une veste sans manches noires aux reflets pourpres, accompagnée d'un jean noir. Son choix fait, il se glissa sous la douche.
À peine avait-il ouvert le robinet que la porte s'ouvrit, laissant entrer Luminor et Strify.
Ahuri, Yu se mit à hurler.
' MAIS ÇA VA PAAAS !! Sortez de là TOUT DE SUITE ! Vous voyez pas que je suis à poil, BORDEL !!
- Si si, on voit bien ..
- ... LUMINOOOOOR !!!
- xD
- Autant que tu sois prévenu, on ne sortira pas d'ici avant d'avoir obtenu des explications.
- Si vous voulez qu'on parle, on le fera dès que j'aurai fini de me laver, mais là, C'EST PAS L'MOMENT !! '
Bien déterminés à ne pas lâcher l'affaire, les deux complices levèrent les yeux au ciel et s'assirent à même le sol.
' Arrête, on te connaît. Si on attend pour te parler, tu auras le temps d'inventer n'importe quelle excuse à 10 cents. Alors n'insiste pas, on bougera pas ! '
Accablé par leur détermination évidente, Yu se décida à les ignorer.
' Alors ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Avoue qu'il y a un rapport avec Tom .. '
À l'entente du prénom, il manqua de s'étaler dans la douche, propulsant la savonnette au milieu de la pièce au passage.
Scheißeee !
' Je ne vois pas du tout ce que vous voulez dire. '
Il sortit tant bien que mal récupérer la savonnette fugueuse, prenant garde de ne pas glisser sur le sol humide.
' Yu ..
- ...
- Yu ..
- Non.
- Yu ..
- Oui, bon, peut-être ..
- Peut-être ?
- Hum .
- Yu ..
- Sûrement ..
- Sûrement ? Ça veut dire que c'est fort probable ?
- ...
- Yu ..
- BIEN-SÛR que ça a un rapport avec Tom !! Mais je sais pas pourquoi ; je sais pas ce que j'ai ! '
Étonné par la facilité de la révélation, Luminor et Strify ne savaient plus quoi répondre.
Yu, lui, avait enfin récupéré sa savonnette, et sans glisser, en plus.
Et il regrettait déjà d'avoir parlé.
' De toute façon c'est stupide. Et impossible. Alors c'est pas la peine d'en parler. '
Il s'apprêtait à atteindre la baignoire quand il fut interrompu dans son élan par Strify.
' Tu l'aimes ? '
Alors ça, il ne s'y attendait pas. Tellement pas qu'il en perdit l'équilibre et se retrouva assis sur le sol glacé.
Scheiße ! Si près du but --'
Il se releva comme il put, agacé par les éclats de rire des deux autres.
' Je vois pas ce qu'il y a de drôle .. Non, je l'aime pas, je n'ai absolument aucun sentiment pour lui ! Ça doit être physique .. C'est TOUT ! '
Peu convaincus, ils le laissèrent tout de même s'habiller, enfiler bagues et colliers et se coiffer, et rejoignirent les autres membres du groupe, absorbés dans un jeu de cartes.
' C'est bon, on peut y aller ? '
Pour toute réponse, Yu enfila ses bottes et sortit de l'appartement sans un mot.
' J'imagine que ça veut dire oui .. '
L'ambiance s'améliora heureusement durant le trajet, Shin réussit même à le faire rire.
Lorsqu'ils arrivèrent au bâtiment où devait avoir lieu l'interview, l'énorme voiture des Tokio Hotel était déjà garée dans le parking souterrain.
S'efforçant de paraître calme et détendu, Yu sentait le stress lui serrer les entrailles.
Le journaliste, sa traductrice et les Tokio Hotel les attendaient dans un hall.
' Aaaah, Hallo !! '
Les quatre jeunes hommes s'excusèrent pour le retard et saluèrent chaleureusement leur comité d'accueil. La traductrice leur fit comprendre que les salles mises à leur disposition se trouvaient quelques étages au-dessus, et les neufs Allemands la suivirent docilement à travers les nombreux couloirs et escaliers.
Le coeur de Tom cognait contre sa poitrine ; il ne lâchait pas son frère d'une semelle, de peur de se retrouver seul près de Yu.
Ce dernier se tenait le plus éloigné de lui que possible, au grand damn des quatre androgynes - Shin et Kiro avaient été discrètement mis au courant -, qui ne cessaient de lui lancer des clins d'oeil encourageants, sans succès.
Ils furent menés dans une grande salle à moitié vitrée, meublée par une dizaine de confortables fauteuils et divans. Un buffet avait même été dressé pour l'occasion.
Le journaliste leur expliqua qu'il souhaitait d'abord interviewer brièvement chaque groupe, puis qu'ils prendraient la pose pour son photographe et que, après le déjeuner, un questionnaire serait distribué à chaque couple de musiciens - chanteur / chanteurs, batteur / batteur .. -, Luminor étant considéré comme chanteur au même titre que Bill et Strify.
' Bien sûr, vous pourrez avoir chacun une pièce, cela vous permettrait de faire plus amplement connaissance, si ce n'est déjà fait ..'
Les approbations fusèrent.
Yu ne semblait pas y croire ; était-ce possible que le sort s'acharne à ce point contre lui ?
Tom, au contraire, était aux anges. Ce questionnaire commun était en effet un excellent moyen de faire connaissance.
La conversation ne mit pas longtemps à s'établir entre les garçons. Même Shin et Gustav, d'ordinaire réservés, semblaient s'entendre à merveille.
En revanche, Tom et Yu n'avaient jamais été aussi discrets.
L'interview et le photoshooting se déroulèrent sans problème, dans la joie et la bonne humeur ; le repas fut ponctué de rires, presque tous s'étaient rapidement sentis à l'aise.
' Pour la suite, vous disposez de trois salles : celle-ci, et deux autres plus petites, les deux portes en face, de l'autre côté du couloir. Les fans nous ont fait parvenir une multitude de questions pour chacun de vous, mais aussi toutes sortes de messages de remerciements, d'encouragements .. mais comme nous n'avons pas pu tous les retenir, peut-être pourriez-vous leur écrire un petit mot ? J'y ajouterai une photo de chaque couple. Nous les mettrons sur notre site internet, de sorte que toutes les fans puissent le voir. Il me semble que c'est assez original, mais évidemment, si vous avez d'autres idées, elles sont les bienvenues ! '
Mais cette perspective fut accueillie avec enthousiasme. Décidément, que serait-ils sans les fans ?
' Bien, je vous donne vos questionnaires, si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis dans mon bureau, la première porte après avoir descendu l'escalier. Cet étage est à vous, Bonne après midi ! '
D'après les sourires entendus que s'échangèrent les autres membres de Cinema Bizarre - et qui n'échappèrent pas à Bill -, Yu comprit qu'ils allaient tout faire pour qu'il se retrouve seul avec Tom.
En effet, Gustav, Shin, Georg et Kiro s'installèrent dans la salle principale pendant que Strify et Luminor entraînaient Bill dans une autre.
Yu essaya vainement de trouver une échappatoire. Il se tourna vers Kiro, le regard discrètement suppliant.
' Bon ben les mecs, on reste avec vous. '
Ce à quoi les deux musiciens répondirent unanimement :
' Hors de question ! Il reste une salle rien que pour vous, vous allez pas squatter ici .. On n'a rien contre toi, Tom, hein ! C'est juste lui qui nous pose problème. '
Le dénommé Tom leur sourit timidement.
' Bon, c'est pas grave, viens, Yu. On n'a pas le choix. '
Le brun lança un dernier regard de tueur aux traîtres qu'il appelait amis et suivit Tom.
Le jeune dreadé, terriblement intimidé, essayait de son mieux de n'en rien laisser paraître. Il prit possession d'un large fauteuil situé près d'une table basse, et Yu s'installa sur le divan qui lui faisait face.
Voyant que Tom ne savait pas quoi dire de plus que lui, il se lança dans la lecture silencieuse du questionnaire. Il ne s'était pas du tout préparé à se retrouver seul avec lui.
Il ne put néanmoins s'empêcher de le regarder à la dérobée.
Avec son air de petit garçon timide, il était adorablement craquant. Ses yeux noisettes pétillants, ses longs cils, ses lèvres fines, sa langue, qui jouait distraitement avec son piercing ..
Le jeune blond leva les yeux vers lui, croisant un instant son regard ; le brun s'empressa de baisser les yeux sur son questionnaire, troublé.
' Hum. Il faut qu'on s'y mette, il me semble ..
- Ah oui, c'est vrai .. '
Il entreprit donc de lire une à une les questions, discutant ensuite avec lui des réponses.
Le bref moment de gêne passé, ils se détendirent enfin.
Tom ne pouvait le quitter des yeux, ses yeux sombres et mystérieux le captivaient. Sa voix lui semblait douce, chaude et rassurante. Tout en lui l'hypnotisait.

Pendant ce temps, Strify et Luminor s'étaient bien évidemment empressés de faire part à Bill de leurs soupçons concernant les sentiments de Yu envers Tom, et celui-ci, amusé, leur avait avoué que de son côté, il trouvait également Tom étrange : le fait qu'il se maquille, par exemple, n'était pas dans ses habitudes.
' Peut-être qu'il a même certaines de vos chansons sur son MP3 !
- Tu penses qu'il y a un moyen de vérifier ?
- Huum .. il doit l'avoir sur lui .. À moins qu'il ne l'aie miraculeusement pas sorti de son sac .. Attendez, je vais vous dire ça tout de suite ! '
Il partit chercher ledit sac et revint quelques secondes après.
' Voyons voir .. Ah, il est là ! .. Tiens, comment ça se fait qu'il a son baladeur CD ? Ça doit faire des années qu'il ne s'en sert plus .. '
Pris d'un doute subit, il l'ouvrit.
' Mais .. C'est mon album !! Je pensais que je l'avais perdu !!!! '
Hilares, les deux membres de Cinema Bizarre le suivirent en courant dans la salle proche de la leur.
' TOM !! '
Un troupeau d'éléphants en furie n'aurait pas fait plus de bruit que les trois chanteurs entrant en trombe dans la pièce ; l'interpellé et Yu sursautèrent violemment à leur arrivée.
' Depuis quand tu me piques mes CD ??
- ...
- T'aurais pu me prévenir, j'étais persuadé de l'avoir perdu !!
- Euh .. Bill .. Je vois pas de quoi tu parles, là .. Si tu pouvais m'expliquer, ça m'aiderait sûrement ..
- Final Attraction !! Ça fait des semaines que je le cherche partout, et il réapparaît dans ton baladeur CD !!
- Ah .. Comme quoi, tu n'avais pas cherché partout. Hey !! Mais d'abord, de quel droit tu te permets de fouiller dans mes affaires ?!
- Parce que tu as dû te gêner, toi !
- Mais pas du tout ! Je comprends pas ce que cet album fait dans mon baladeur ! Et puis tu sais bien que ça fait un moment que je m'en sers plus !
- Oui, et justement, je te trouve vraiment bizarre en ce moment .. Tu me piques son album en douce, tu te maquilles alors que tu as toujours dit que tu avais horreur de ça .. Et toi qui ne fais d'habitude que des conneries, je te trouve sagement assis dans un fauteuil .. '
Si cela lui avait été possible, Tom aurait depuis longtemps disparu dans le sol, histoire de se faire oublier un moment, au lieu de quoi il ne put que déglutir difficilement, maudissant son sadique de frère.
mais pourquoi il a dit son ??
Applaudissant intérieurement la performance de Bill, Luminor et Strify se réjouissaient des effets obtenus : Tom s'était enfoncé dans son fauteuil, comme pour y disparaître ; son teint avait pris une couleur soutenue ; il semblait incapable d'ajouter un mot, mais le regard noir qu'il lançait à son frère en disait bien assez. Quant à Yu, il fixait le dreadé avec des yeux immenses, incrédule.
Estimant avoir été suffisamment impliqués dans l'histoire, et remarquant surtout les yeux de Tom à la recherche d'un quelconque projectile susceptible d'assouvir sa vengeance, les trois vocalistes se hâtèrent de disparaître, réprimant difficilement le fou rire qui les gagnait.
Enfin seuls, les deux guitaristes paraissaient de nouveau intimidés.
Yu se posait une multitude de questions suite à ce qu'il venait d'entendre, et Tom semblait vouloir se noyer dans les profondeurs de son fauteuil.
N'y tenant plus, Yu brisa le silence étouffant qui avait envahit la pièce.
' C'est vrai ?
- Was ??
- Ben, je sais pas .. Tout. Tout ce que ton frère vient de dire ..
- Que je lui ai piqué son CD pour le faire enrager, et que je me suis maquillé histoire de pas faire tâche au milieu de vous tous ??
- ...
- Ben ouais, c'est vrai. Cela dit, il a mis du temps à le remarquer. Pour le CD.
- Ah.
- Quoi, ah ??
- C'est sûr, vu comme ça ..
- T'avais compris ça comment ?
- J'avais pas compris, c'est justement pour ça que je te demande !
- Ah.
- Quoi, ah ??
- .. En fait je ..
- Tu ??
- Nan rien. On continue le questionnaire ?
- Hum. '
La suite se déroula sans incident notable, mis à part le moment où la mère de Yu téléphona à son petit-canard-égoïste-qui-ne-l'appelait-jamais-pour-donner-de-ses-nouvelles et dont il ne réussit à se débarrasser qu'après lui avoir rappelé qu'il venait la voir la semaine prochaine et qu'il l'avait déjà appelée deux fois l'avant-veille, à supposer que cela soit classé dans les 'incidents', natürlich.
Bref, cet appel acheva de détendre l'atmosphère, en partie grâce aux moqueries de Tom qui finit par tomber de son fauteuil à force de se tordre de rire.

Lorsque le fameux questionnaire fut terminé, ils se rendirent vers le photographe, comme le leur avait indiqué le journaliste.
' Ah, vous voilà ! Bien. Alors .. Tom, devant. Voilà. Accroupi, ce serait mieux .. parfait. Yu, derrière, s'il vous plaît .. Bien, comme ça. Euh .. posez une main sur son épaule .. hum .. non, plus vers son cou .. encore .. encore .. excellent ! Tournez vous un peu, tous les deux .. Levez un peu la tête, prenez un air fier et rebelle .. Regardez-moi .. Voilà, merci ! '
Ils se hâtèrent de se séparer et descendirent dans le hall d'entrée attendre les autres.
Ils restèrent silencieux, aussi gênés l'un que l'autre.
Encore une fois, ce fut Yu qui fit le premier pas.
' Tom .. '
Une irrésistible envie de lui dire ce qu'il avait sur le coeur envahit le jeune Kaulitz quand il leva les yeux vers lui.
Yuuu .. Depuis que je t'ai vu, je pense tout le temps à toi, c'est plus fort que moi ! Même quand je ferme les yeux, j'ai l'impression que ton image est imprimée sur mes paupières .. Je sais pas ce qui me prend, et ça me fait peur !! Et puis de toutes façons, j'ai peur de tout .. Du temps qui passe, de l'oubli, mais toi, tu as l'air tellement protecteur .. Je voudrais me cacher dans tes bras !
Je crois bien que je t'aime, Yu .. Et j'ai l'impression que toi aussi, tu t'intéresses un tout petit peu à moi .. Mais j'ai tellement peur de me tromper .. Si tu savais ..

Mais il ne fit que baisser les yeux pour cacher son désarroi, murmurant un faible ' Yu, euh .. Me regarde pas comme ça, ça devient gênant, là ..'
Mais visiblement, Yu ne l'entendait pas de cette oreille. Attendri, par sa mine troublée, il prit délicatement sa tête dans ses mains ; surpris, celui-ci releva les yeux et le fixa d'un air de Chat Potté. Le brun lui caressa instinctivement le visage du bout des doigts, totalement désemparé.
Des rires encore lointains indiquèrent que les autres musiciens ne tarderaient pas à les rejoindre.
I'm not gonna live forever ... Better make it now or never .. Forever or never ..
Ses doigts glissant jusqu'à son cou, Yu rapprocha son visage du sien et effleura furtivement ses lèvres.
Après un bref instant d'hésitation, ils s'écartèrent en un éclair et furent rejoins par les autres ; une fois les groupes au complet, plus rien ne laissait deviner qu'il s'était passé quoi que ce soit entre les deux guitaristes.

Un chaleureux Auf Wiedersehen plus tard, les deux groupes s'en retournèrent chez eux.


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' Alors, vous pensez quoi d'eux ??
- Ils sont franchement cool !
- Charmants !
- Ouais, qu'est-ce qu'on s'est marré avec Bill !
- Et nous, avec Georg et Gustav .. T'imagines pas !!
- Et toi Yu ? '
L'interpellé se hâta de fermer les yeux, sa tête calée contre la vitre dodelinant au rythme de la voiture.
' Il dort .. '
Lorsque les trois colocataires se retrouvèrent chez eux, leur guitariste ne paraissait pas plus loquace, bien que parfaitement réveillé cette fois-ci.
Il se sentait .. étrangement vide. Un peu comme s'il était externe à son corps, et que celui-ci agissait seul, avec une autonomie déstabilisante.
Mais qu'est-ce qui lui avait pris ?!
EMBRASSER TOM !!
Non seulement c'était un homme, mais en plus, un homme qu'il pensait détester .. Il y avait comme un léger problème.
& Mist ! Il s'était efforcé à ne plus penser à lui .. Et voilà que ses conneries venaient foutre son plan en l'air.
Il était tout de même troublé. Tom avait fait l'effort de se maquiller pour la rencontre, et il écoutait même leur album .. Ce dernier point était assez étonnant : de nombreuses sources fiables prétendaient qu'il n'écoutait que du rap et du R'n'B. À moins qu'il ne lui ai dit la vérité en essayant de se justifier .. Non, il n'était pas vraiment convaincu.
Et puis, il ne l'avait pas repoussé quand il l'avait embrassé ..
Qu'est-ce qu'il devait penser de tout ça ??
' Quoi, elles sont pas bonnes mes lasagnes ?
- -- ?
- Oh, c'est bon, fais pas cette tête de morue ! Je te rappelle que demain, c'est ton tour de faire la cuisine ! Ce sera l'occasion de nous montrer tes talents culinaires cachés, au lieu de toujours critiquer ..
- .. Was ? *mais de quoi il parle ?? *
- .. ils doivent être bien cachés, d'ailleurs .. '
Bouche ouverte, fourchette en l'air, le jeune brun les regardait tour à tour, sans comprendre, encore perdu dans ses pensées.
Quand il reprit enfin ses esprits, ce fut pour aller se coucher, afin de trouver le calme et la tranquillité propices à la réflexion.
Il se jeta sur son lit, enfin seul.
Okay ; on récapitule.
- Je détestais Tom
- Je me rends compte qu'en fait il me plaît
- Je décide de l'oublier
- et la première fois que je le rencontre, je l'embrasse.
Un peu paradoxal, tout ça --'
Bref, en gros je suis paumé, quoi ..

Ce monologue intérieur hautement philosophique achevé, il se laissa emporter par le sommeil.


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De leur côté, les jumeaux Kaulitz ne firent aucun commentaire au sujet de Yu, pour le plus grand soulagement de Tom.
' Heeeey ! J'ai oublié de te dire ! Avec Luminor et Strify, on a prévu de passer une semaine de vacances ensembles, au mois de mars.
Quand je dis ensemble, je parle de nous 9, natürlich. Ce serait énorme, hein ?

- Au mois de mars ? Euh, la neige et le froid, très peu pour moi ! Vous me raconterez.
- Mais naaaan ! On dormirait dans un camping en Espagne, au bord de la mer !
- Ah .. Euh .. Dans ce cas ..
- Et on s'est mis d'accord pour passer Noël chez Kiro, Yu et Strify.
- .. *neiiiin .. * Mais je croyais que leur appart' était petit ?
- T'en fais pas, ça leur fait pas peur. Il y a encore le balcon si on tient pas tous à l'intérieur =D
- Le ba.. ah. Ben c'est super ! –'
- T'as pas l'air convaincu ..
- Bien sûr que si ! Je suis super content !
- Tant mieux, parce que de toutes façons, je te laisse pas le choix. Hors de question que tu passes Noël tout seul !!
- Mais .. et les parents ?
- Le lendemain !
- .. D'accord .. '
Sur ce, Bill quitta la chambre de son frère pour se rendre dans la sienne assez rapidement, pour que celui-ci n'ai pas le temps de se rappeler qu'il devait lui faire payer sa mésaventure de l'après midi.
' Gute Nacht !
- Hum. Gute Nacht.'
Tom attendit que le chanteur ait refermé la porte pour s'allonger en soupirant.
Pff .. Je pensais pas que les sentiments pouvaient être si compliqués ! L'admiration que j'ai pour Yu .. Et si c'était .. de .. l'amour ?? Ça m'apprendra à me moquer de mon frère et ses rêves dignes d'une gamine ..
Yu m'a embrassé. Donc peut-être que .. lui aussi .. Non, ça paraît tellement invraisemblable ! Et puis j'ai bien le temps de le savoir. On se reverra à Noël, et on va même passer une semaine de vacances ensemble !
Mais comment on va faire après ce qui vient de se passer .. C'est vraiment gênant .. J'espère qu'il ne m'évitera pas !

Il resta une bonne partie de la nuit allongé sur son lit, les yeux plongés dans l'infini du ciel parsemé d'étoiles à travers sa fenêtre.
Ben si même moi je me mets à rêver au Prince Charmant ..


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Les jours et les semaines passèrent, les Tokio Hotel reprirent leur vie mouvementée de RockStars, s'envolant même au Japon pour assurer leur promo.
Ce fut d'ailleurs l'occasion idéale pour l'achat des cadeaux de Noël destinés à leurs amis, admirateurs du Pays du Soleil levant.
Les Cinema Bizarre, eux, étaient partagés entre les séances de dédicaces, les photoshootings, et quelques concerts qu'ils donnaient déjà en Allemagne.

Et le 24 Décembre arriva enfin.


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' Strify, aide-moi à accrocher les guirlandes au plafond, bitte !
- Yes ! J'arrive de suite ! '
Il abandonna Kiro qui essayait tant bien que mal de finir la déco déjà surchargée du sapin - petit modèle, faute de place – qui trônait sur une chaise pour l'occasion.
Ils avaient dressé un buffet plus que bien garni sur la table, près du bar où était posées les boissons.
Il était prévu que Shin, Luminor, Georg, Gustav et les jumeaux restent dormir avec eux. Il n'y avait que trois lits simples et un canapé pour neuf, mais ils se débrouilleraient.
La déco de l'appartement terminée, ce fut une véritable lutte pour décider qui occuperait la salle de bains le premier.
Le gagnant fut Kiro, qui avait profité d'une bataille de coussins entre Yu et Strify pour se précipiter discrètement à l'intérieur, à l'indignation générale.
Ils furent néanmoins tous les trois prêts à l'arrivée de Gustav et Georg, suivis de près par Shin et Luminor.
Plus les minutes passaient, et plus Yu était nerveux. Il avait décidé que l'attitude de Tom à son égard serait décisive : si celui-ci se montrait distant, il tournerait définitivement la page ; s'il le considérait comme un simple ami, il agirait de même ; et s'il faisait quoi que ce soit d'autre lui indiquant que son attirance était partagée .. il aviserait.


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' Bill, Tom, dépêchez-vous ! Je ne devais pas vous emmener pour 20h ??
- Si si, on arrive M'man ! '
Un léger trait de crayon noir soulignant ses yeux noisette, Tom, vêtu d'un large pantalon noir et d'un T-shirt doré, casquette et bandeau assortis à l'ensemble, natürlich, tambourina à la porte de son frère.
' Bill, active !! '
Enfin prêts, les jumeaux se précipitèrent dans la voiture de leur mère, qui les déposa au pied de l'immeuble.
' Pas de bêtises, et n'oubliez pas de les aider à ranger et nettoyer demain matin !
- Oui Mamaaaan. Bonne soirée !
- Joyeux Noël mes poussins ! Amusez-vous bien ! '



DingDong
Shin se rua sur la porte et l'ouvrit à la volée, lançant un enthousiaste Joyeux Noël ! avant même d'avoir reconnu les frères Kaulitz.
Leur arrivée fut joyeusement accueillie par toute la troupe de musiciens, excepté Yu qui était introuvable.
' Yu est dans la cuisine, il prépare les toasts. '
Bill alla donc le saluer ; Tom l'aurait volontiers suivi s'il n'avait pas été retenu par Gustav, Shin et Kiro, visiblement très intrigués par le contenu du sac plastique qu'il tenait à la main.
' Ah, ça, c'est les cadeaux. '
Luminor lui indiqua la chaise où trônait le sapin, entourée d'une multitude de paquets déposés sur le sol.
Tom y ajouta les siens, non sans préalablement regarder avec curiosité les autres, afin de deviner ce qu'ils contenaient.
' Tricheur !! '
Georg et Bill se jetèrent sur lui en riant, bientôt imités par les cinq autres. Quand il réussit enfin à se libérer, il se rendit dans la cuisine saluer Yu, appréhendant sa réaction. Le c½ur battant, il lança un courageux Hallo à son vis-à-vis. À la fois soulagé et déçu, Yu lui répondit sur le même ton.
' J'ai cru que vous ne viendriez jamais !
- ihiii ^^' On avait perdu les cadeaux .. Et ensuite, le temps que Bill se prépare .. '
Yu lui répondit d'un rire moqueur, détendant sensiblement l'atmosphère. Le jeune dreadé l'aida à terminer les toasts et ils rejoignirent les autres au salon.
L'alcool aidant certainement, la bonne humeur régnait sur la soirée.
Bill, Kiro et Strify dansaient au rythme de la musique d'une émission télé, Georg et Luminor étaient absorbés dans une conversation visiblement captivante, tout en se servant copieusement dans le buffet, et Shin et Gustav se roulaient par terre, pleurant de rire pour on ne sait quelle raison. Amusés par ce spectacle insolite, les deux jeunes s'assirent à même le sol et entamèrent une passionnante discussion dont le principal sujet concernait bien entendu la guitare.
À minuit, les cadeaux furent ouverts, tous plus originaux et intéressants les uns que les autres.
Vers 4h du matin, lassés par l'excitation ambiante, Yu et Tom sortirent dans le froid de Décembre.
Les rues étaient quasiment désertes, mais malgré l'heure tardive, toutes les habitations étaient encore allumées.
Tom se laissa guider vers un parc, où ils s'assirent sur les balançoires gelées, appréciant le silence et la solitude.
Yu avait pris soin d'enfiler une veste avant de partir, mais Tom était encore en T-shirt, et il commençait sérieusement à se dire que ce n'était finalement pas une bonne idée.
Les premiers flocons de neige commençaient à tomber ; bientôt, tout fut recouvert d'une fine couche de poudre blanche dont les multiples cristaux scintillaient à la lueur de la lune. L'atmosphère était devenue douce et feutrée, presque magique.
Ce magnifique spectacle n'empêcha pas Tom de trembler de tout son corps, claquant des dents sous l'effet de la température glaciale. Remarquant - un peu tard – l'état de son ami, Yu se leva, oubliant toutes précautions, invita le jeune blond à faire de même, ouvrit sa veste et l'attira contre lui.
Trop frigorifié pour réfléchir, celui-ci se laissa faire docilement. Il enfouit la tête au creux de son cou, glissa ses mains sous son T-shirt et encercla son corps de ses mains glacées, laissant peu à peu la douce chaleur l'envahir ; deux silhouettes enlacées sous la pâle lueur de cette lune d'hiver.

Il était près de 6h quand ils se décidèrent enfin à rentrer. Plus une seule lumière ne filtrait à travers les fenêtres.
Yu quitta sa veste pour la donner à Tom. Il prit sa main, enlaça leurs doigts et l'entraîna en courant à travers la ville à endormie.
Pas un bruit ne régnait dans l'appartement. Gustav et Shin dormaient, affalés sur le canapé, Luminor et Georg se partageaient le lit de Strify, et Kiro, Bill et Strify étaient serrés dans le lit de Kiro.
Prenant garde de ne pas les réveiller, les deux guitaristes se rendirent dans la chambre de Yu. Tom ne pouvait plus retenir des bâillements de sommeil.
' Couche-toi, je reviens. '
Il ne se fit pas prier. Il ôta la veste, son T-shirt et son pantalon trempés par la neige et se glissa dans les draps agréablement chauds.
Yu revint quelques minutes plus tard avec un plateau orné des rares amuse-gueules qu'il avait réussi à trouver. Suivant l'exemple du dreadé, il se déshabilla et se coucha à ses côtés.
Ils partagèrent les restes et posèrent le plateau par terre.
Le jeune brun se tourna vers Tom. Celui-ci avait fermé les yeux, livré au sommeil. Attendri, il le contempla un instant, puis se pencha au-dessus de son visage et referma ses lèvres sur les siennes. D'abord surpris, Tom s'abandonna finalement à ce baiser passionné. Lorsque leurs langues se touchèrent, ils furent parcourus d'un même frisson de plaisir ; mais jugeant le moment mal approprié pour aller plus loin, Yu mit fin à leur exaltation et se recoucha, après lui avoir murmuré un tendre ' Gute Nacht mein Engel. '
Légèrement frustré, Tom ne répondit rien.
Ces quatre mots raisonnaient dans son esprit. Les avait-il réellement prononcés ?
Il se serra contre son corps musclé, la tête contre son c½ur.
' Yu ..
- Si ..
- .. Was ?
- Si je te disais Ich liebe dich, tu dirais quoi ?
- ... Je pense que je ferais semblant de ne rien avoir entendu ..
- ...
- parce que sinon, je ne me contenterais pas de seulement t'embrasser ..
- Ich liebe dich. '
Un large sourire se dessina sur ses lèvres, mais il ne fit que serrer le blond un peu plus fort contre lui, mêlant leurs jambes et leurs doigts.


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Les jours et les semaines passèrent ; les autres membres ne semblaient pas avoir aperçu leur liaison, personne n'en parla.
Leurs activités respectives reprirent. Tom et Yu perdirent contact, mais qu'importe, ils savaient qu'ils se reverraient au cours des prochaines vacances qui approchaient lentement.
Mars arriva enfin, les vacances aussi.

' STRIFY !! Lève-toi !! On devait se retrouver à 9h, et il est 8h45 !!! DEBOUT !!
Kiro, aide-moi à le réveiller, j't'en supplie ..

- Hum .. Il me rappelle quelqu'un, c'est marrant .. '
Pris de pitié pour le pauvre guitariste en panique, il prit les choses en main.
' Laisse faire, va vérifier qu'on n'a rien oublié. '
À peine fut il sorti de la chambre que le chanteur ouvrit les yeux, pris d'un incontrôlable fou rire.
' C'est malin, regarde dans quel état il est ..
- C'était tellement drôle ! T'aurais vu comme il me secouait .. Au moins on est fixé, il s'est vraiment passé un truc entre Tom et lui ! '
Ravi de sa farce, il se leva, déjà entièrement habillé. Pouffant de rire tous les deux, ils se rendirent au salon.
Shin et Luminor semblaient faire de gros efforts pour ne pas exploser de rire devant la mine furieuse de Yu, qui, paraissant de mauvaise humeur, se rua dehors :
' ENFIN ! Je vous rappelle que l'avion décolle à 10h !!! '
Échangeant des regards amusés, les quatre complices le suivirent sans plus de commentaires.


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' Tom, tu peux arrêter de tourner en rond ? Tu donnes le tournis à tout le monde ! '
Gustav et Bill était assis sur le lit du dreadé, et ce dernier faisait les cent pas autour d'eux.
' Mais qu'est-ce qu'il fout, bordel ?!! '
Lorsque Georg les rejoignit enfin, le guitariste se jeta sur lui en criant.
' T'as vu l'heure ?!! On t'attend depuis une demi heure !!!
- J'ai à peine dix minutes de retard ..
- Mais pourquoi faut-il toujours que tu soies en retard ?!!
- Hey, c'est pas ma faute ! Ma s½ur n'a rien trouvé d'autre que me renverser son verre d'eau sur la tête, j'ai du tout refaire mon brushing ! Je crois bien qu'elle n'a pas apprécié quand je lui ai dit que son nouveau copain ressemblait à un gorille ..
- Mais quel BOULET !!! '
Ils montèrent enfin dans la voiture de leur beau-père, Tom grognon et les trois autres riant aux éclats.

' Bonnes vacances les garçons ! Profitez bien de la mer, veinards ! Bill, Tom, votre mère tient à ce que vous appeliez au moins deux fois dans la semaine, n'oubliez pas !
- Ouais ouais, promis ! Tschüß ! '
Ils retrouvèrent les Cinema Bizarre et embarquèrent.
Tom allait s'asseoir à côté de son frère quand deux mains se posèrent discrètement sur ses hanches et l'attirèrent vers les sièges du fond.
' Tu ne croyais tout de même pas pouvoir m'échapper ? '
Ces quelques mots de Yu soufflés à son oreille suffirent à lui rendre sa bonne humeur.
Ils s'éloignèrent de leurs amis pour s'installer un peu plus loin. Un peu intimidé, Tom ne savait plus vraiment comment se conduire, mais son amant mit fin à son hésitation en l'embrassant avidement.
' Yu, tu m'as manqué ..
- Toi aussi Schatzy. ' ->Trésor
Rougissant à cette appellation, il blottit sa tête dans son cou. L'angoisse du décollage commençait à se faire sentir.
Voyant que quelque chose n'allait pas, Yu le prit dans ses bras, son corps fragile secoué de tremblements. Il le serra fort contre son c½ur.
Rassuré, Tom se calma peu à peu et s'endormit.

Quand ils arrivèrent à destination, le soleil brillait et la chaleur régnait.
Les neuf jeunes se mirent en quête du camping, qu'ils trouvèrent après avoir fait seulement quatre fois le tour de la ville, encore quasi déserte en cette période.
Ils avaient réservé deux bungalows de six places, placés côte à côte selon leurs exigences.
Luminor, Bill, Kiro, Georg et Strify s'installèrent dans le premier, Gustav, Shin et les deux guitaristes dans le second. Chacune des habitations comportaient deux lits doubles et deux lits superposés.
Les deux batteurs se précipitèrent sur les lits simples Un sourire malicieux sur les lèvres, Yu ne put retenir un ' Parfait ' satisfait.
Après leur rapide installation, ils partirent à la recherche d'un restaurant.
Le repas se déroula dans la bonne humeur générale, et ils décidèrent de passer l'après midi entière à la plage. Leur camping en possédait une privée, ils s'y rendirent donc, impatients de sentir le sable chaud sous leurs pas.
La plage en question était déserte, tout comme le camping qui n'était apparemment pas habitué à recevoir des clients hors saison.
Comblés de bonheur, la bande se lança en riant dans une course folle en direction de l'eau.

La semaine passa incroyablement vite.
Chacun profitait pleinement du soleil, de la chaleur et de l'eau. Ils s'entendaient vraiment à merveille et étaient ravis de passer des vacances ensemble.
Ces derniers jours les avaient tous sensiblement rapprochés, ils étaient devenus inséparables. Certains soirs, ils mangeaient sur la plage, autour d'un feu de camp improvisé, et passaient la majeure partie de la nuit à danser, rire et chanter à tue-tête. Strify et Bill avaient écrits quelques chansons qu'ils projetaient de chanter en duo, et ils souhaitaient même créer un album en commun, mélangeant paroles en Anglais et en Allemand.

Assis devant les bungalows, les deux chanteurs enthousiastes profitaient de cette dernière soirée pour apporter les ultimes finitions à leurs chansons, pendant que les musiciens cherchaient déjà des idées de graphisme pour la pochette de l'album à venir et des éventuels singles.
Leur départ était prévu pour le lendemain, en début d'après midi.
Parvenant difficilement à surmonter la vague de tristesse qui l'envahissait à cette idée, Tom s'éloigna discrètement. Sa serviette de bain étant trempée de leur baignade de la journée, il arracha le drap de son lit et suivit le chemin menant à la plage.
Il s'assit un instant au bord de l'eau, les yeux fixés sur la ligne d'horizon qui disparaissait au crépuscule.
Cette semaine avait été parfaite. Yu et lui essayait toujours de cacher leur relation aux autres, allant jusqu'à faire semblant de dormir chacun dans un lit différent, mais Gustav étant la plupart du temps déjà levé avant qu'ils ne se séparent, ils n'étaient pas certains d'avoir effacés tout soupçon. Le fait d'être à ses côtés du matin au soir le rendait véritablement heureux. Il s'était rarement senti aussi bien que durant ces quelques jours, mais il savait que leur retour en Allemagne signerait la fin de ce rêve. Même si leurs projets professionnels communs se réalisaient, lui-même ne pourrait plus être aussi proche de Yu, il en était persuadé. Quant à avouer ses sentiments .. cette idée ne lui paraissait absolument pas envisageable.
Des larmes d'impuissance commençaient à perler au coin de ses yeux. Il les essuya rageusement et se précipita dans l'eau, sans prendre le temps de se dévêtir. Il y avait une éternité qu'il n'avait pas pleuré, aujourd'hui ne ferait pas exception.
All I want is Yu to be with me
I just hope you hear my silent Scream ..


Yu l'avait suivi et s'était assis à bonne distance de lui, sentant qu'il avait besoin d'être seul. Ses doigts jouant distraitement avec le sable, il le regardait, pensif.
Tom .. Il avait horreur de se l'avouer, mais il s'était réellement attaché à lui. Beaucoup plus que ce qu'il aurait imaginé. Malgré son air fier et sûr de lui, il le sentait tellement fragile .. Il devinait que son air de rebelle n'était qu'un masque destiné à dissimuler sa sensibilité. Il crut le voir passer ses mains sur son visage, comme pour chasser des larmes, avant de se diriger en courant vers l'eau. I contempla sa silhouette, ses vêtements trempés beaucoup trop larges tombant sur son corps.
La mer brillait des milles reflets des couleurs chaudes du soleil couchant.
Tom s'était laissé tomber, l'eau lui arrivait jusqu'aux épaules. Il avait encerclé ses jambes de ses bras, la tête posée sur ses genoux. Cette fois, aucun doute n'était possible.
Le c½ur serré de le voir si triste, Yu se releva et se dirigea d'un pas décidé vers le jeune homme. Il se mit à genoux derrière lui, passa ses mains autour de son ventre et déposa un léger baiser sur sa joue mouillée par les larmes.
Surpris par sa présence et honteux d'avoir ainsi été surpris en pleine faiblesse, le blond se releva rapidement, essuyant son visage, mais Yu le retint et l'attira contre lui, une main posée sur sa taille, l'autre caressant ses dreads.
' Si tu m'expliquais plutôt ce qui te rends triste, je pourrais peut-être t'aider ..
- Non, tu peux pas. Laisse tomber.
- Essaie toujours .. '
Incapable de se retenir davantage, Tom éclata en sanglots.
' Je veux pas rentrer, Yu ! Je veux pas être séparé de toi ! Je t'aime ! Et je sais très bien qu'on pourra pas continuer .. On se verra plus, ou alors, il y aura toujours quelqu'un avec nous .. Je t'en supplie, reste avec moi ..
- Tom .. Calme-toi .. '
Il avait mal. Le voir ainsi désespéré le bouleversait. Mais paradoxalement, une envie irrésistible de sentir sa peau contre la sienne, de l'embrasser, encore et encore, l'envahissait. Il releva la tête de son vis-à-vis, plongeant ses yeux dans les siens, tout en caressant tendrement ses joues et son cou, dessina le contour de ses lèvres avec son pouce. Troublé, Tom ne pouvait détacher son regard du sien. Il avait l'impression de se noyer dans ses yeux brillant de désir, et lui-même se sentait progressivement submergé par l'envie, mais il appréhendait tout de même ce qui allait se passer. Séduit par cette bouille d'ange craintive, Yu emprisonna ses lèvres dans les siennes, les entrouvrant légèrement, et fit danser langoureusement leurs langues. Instinctivement, ils reculèrent jusqu'au drap étendu sur le sable, sans desserrer leur étreinte. Saisi par ce besoin enivrant de plaisir, Tom se laissa renverser sur le dos, ses yeux de nouveau plongés dans ceux de son amant, lui intimant de le rejoindre. Bien qu'il ne lui eût jamais avoué de peur de le brusquer, il savait que Yu attendait ce moment depuis le début de leur liaison. Mais ce soir était peut-être leur dernier, et il était enfin décidé à aller jusqu'au bout. Le jeune brun ôta son T-shirt et son jean avant de s'étendre au-dessus de lui. Il dégagea son visage de ses dreads et déposa furtivement ses lèvres sur son front et le long de son cou, puis le débarrassa lentement de ses vêtements trempés qui lui collaient à la peau. Les yeux fermés, le c½ur battant, le jeune dreadé sentait ses mains douces caresser son corps, son torse, ses cuisses .. glisser sous son boxer .. Il se mordit la lèvre, le souffle court, mais se laissa docilement dévêtir. Lorsqu'il osa rouvrir les yeux, le visage de Yu n'était qu'à quelques centimètres du sien. Sa main descendit le long de son bas-ventre, enserrant fermement sa virilité. Rougissant à ce contact, il détourna les yeux du regard flamboyant du brun, qui l'embrassa de nouveau avant de caresser avidement de sa langue son entrejambe. Le blond ne put retenir des gémissements de plaisir. Encouragé par sa réaction, Yu se sépara de lui un court instant afin de se dévêtir à son tour, puis s'agenouilla entre ses jambes, écartant ses cuisses, tout en les caressant tendrement. Devinant l'appréhension de son vis-à-vis à son regard timide et craintif, il plaça son visage à la hauteur du sien et l'embrassa avec toute la tendresse dont il était capable. ' Ça va aller. Ich liebe dich. '
C'était la première fois que Yu lui avouait clairement ses sentiments. Rassuré et submergé par une vague de bonheur, il lui offrit son corps.
Plus rien n'exista en-dehors d'eux : les caresses de son amant, ses baisers, sa langue jouant fougueusement avec la sienne, son souffle contre son torse, sa peau contre la sienne, et sa présence en lui ..
Leurs gémissements d'extase se mêlèrent dans le calme du crépuscule. Le temps semblait s'être arrêté. Ce ne fut que lorsqu'ils se séparèrent qu'il reprit conscience de la réalité.
La brise légère et fraîche qui effleurait leurs corps embrasés, le bruissement des vagues sur le sable fin, la lueur dorée du jour qui tombait ..
À bout de souffle, il se blottit contre le corps musclé de Yu, étendu à ses côtés, l'encerclant de ses bras fins et fragiles. Le guitariste de Cinema Bizarre frémit sous son étreinte. Il caressa sa peau avec délicatesse du bout des doigts, comme les pétales d'une fleur qu'il aurait peur de faire tomber. Il aurait voulu que ce moment ne finisse jamais.
Ils restèrent ainsi enlacés, s'embrassant avec passion, silhouettes solitaires enveloppées par la tiédeur de cette nuit d'été. Ils ne se relevèrent qu'à regret. Sans lui laisser le temps de ramasser ses vêtements, Yu prit la main de Tom et l'attira à sa suite dans l'eau calme de la mer, sous la pâle lueur de la lune.
Le regard fixé sur l'horizon, main dans la main, ils s'imprégnaient de la magie de cette nuit, de leur nuit, entourés du reflet de la faible lumière des étoiles qui miroitait à la surface de l'eau.
Tom se rapprocha de son amant, entoura son cou de ses bras et posa ses lèvres sur les siennes. Plaçant ses mains sur ses hanches, Yu lui répondit enfin :
' Moi non plus je ne veux pas qu'on soit séparés. Je veux te sentir chaque jour près de moi, pouvoir te serrer dans mes bras et t'embrasser n'importe où, n'importe quand, et vivre en sachant que même si nous sommes loin l'un de l'autre, rien n'y personne ne peut nous empêcher de nous aimer. Et il n'y a qu'une seule solution pour ça .. leur dire. À ton frère, aux autres membres de ton groupe, à ceux du mien, à nos fans, au monde entier .. Leur expliquer qu'on est ensemble et qu'ils n'y peuvent rien. Je m'en fous de ce qu'ils peuvent dire ou faire, je suis prêt à tout perdre pour te garder .. Je t'aime, Tom. '
Des larmes d'émotion perlant à ses yeux à cette déclaration enflammée, le jeune blond l'embrassa de nouveau, espérant lui transmettre tout l'amour qu'il éprouvait pour lui ; certains gestes valent tellement mieux que des mots inutiles ..
Oui, il le savait, c'était la seule solution. Et quelle que soit leur réaction, il n'avait pas peur, il n'était plus seul. Et il savait que son frère le comprendrait et l'aiderait.
Son c½ur se gonfla de bonheur.
La fin des vacances qui, quelques instants plus tôt, lui paraissait encore effrayante se révélerait en fait marquer le début de la liberté, de leur liberté ..




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# Posté le jeudi 20 décembre 2007 12:15

Modifié le samedi 22 décembre 2007 09:48